18/02/2019 : Quelques nouvelles

Photo : ©Kay Saladys

« J’ai des morceaux de Toi dans le cœur, dans l’âme et sur la peau. Quand d’autres ne laissent que le vide, de Toi je garde tout, j’ai toujours tout gardé. » Fragments d’une femme perdue – Patrick Poivre d’Arvor.

Le temps passe, avec ses semaines, ses jours, ses heures… Celles loin de Lui, qui me semblent n’en plus finir, et ces précieux instants que nous arrivons encore à passer ensemble,qui eux me semblent toujours trop courts.

Déjà quelques mois que tout mon équilibre a prit une tournure bien différente. Je tente toujours de m’adapter, non sans difficultés.
La situation connait de nouveaux rebondissements, mais reste toujours très floue pour moi, suspendue à des aléas que ni Lui, et encore moins moi, ne pouvons contrôler.
Et dans tout ça, me direz-vous…. comment vais-je?

Voilà un sujet délicat… j’ai connu des jours bien meilleurs, des jours de joies immenses, de bonheurs éclatants, d’extases à n’en plus finir. Des jours où l’exaltation se mêlait à mon épanouissement, telle une douce euphorie enivrante…
Des jours où je n’avais qu’à être moi, et me laisser guider, enveloppée dans le cocon rassurant de Sa bienveillance et de Son amour.
Aujourd’hui, ces jours là me semblent de plus en plus lointain: une parenthèse a été ouverte, faite de prise de conscience, de réalités, de moments difficiles, d’épreuves.
Tant de changements se sont opérés ces derniers temps : j’ai le sentiment que je n’ai pas d’autre choix que celui d’être forte pour faire face à tout ça, pas d’autre choix que de remiser loin de moi mes besoins de lâcher prise, de légèreté. Aujourd’hui ma nouvelle amie porte le nom de « Patience ».

Je suis fatiguée physiquement, émotionnellement aussi. Fatiguée d’avoir le sentiment que tout peut voler en éclats, que tout ne tient qu’à un fil, même s’il reste solide.
Je veux rester présente à Ses côtés, l’épauler, l’aider de mes mots, de mes pensées…je pense faire de mon mieux et donner toutes les ressources que je suis encore capable de Lui donner. J’ai parfois l’impression que mes mots ne L’atteignent pas, qu’ils n’ont pas l’effet escompté, ou simplement qu’il n’est pas disposé à les voir ou les entendre. Et je me demande si je dois encore continuer, ou Lui laisser plus de liberté d’esprit et ne pas Lui imposer ni mes désirs, ni mes idées… alors je réalise que peut-être je dois simplement rester là, à distance, une oreille attentive, à l’écoute…mais devant fermer certaines portes. Mais je n’y arrive pas. Mes mots sont mon exutoire, et mon envie de partage est bien trop fort pour les laisser dormir sur mes petits carnets.

J’avoue qu’en plus, j’ai peur de fermer ces portes. J’ai peur de les fermer si solidement qu’Il ne puisse plus les rouvrir.
Comme si chaque jour je sentais que je me construisais une carapace de plus en plus dure, et que j’ai peur de ne plus savoir comment la retirer.

Oh, bien sur, je pourrais aussi prendre tout ceci comme il vient, ne pas m’en faire, entrer en état d’inconscience, et prendre tout ceci à la légère. Sauf que…. j’ai besoin de savoir comment Il va, besoin de savoir que je suis encore là, dans sa vie, pour une raison particulière. Je ne suis peut-être plus tout à fait cette femme qu’Il a vu évoluer au cours de ces 2 années passées à Ses pieds, celle qui Le rendait si particulier, et qui se sentait si particulière. Mais je suis encore là. Et cette femme là existe toujours quelque part en moi.
Et je ne peux pas simplement reprendre mes activités quotidiennes, me sentir libre de faire ce que je veux, comme je le veux, avec qui je le veux… cette idée m’insupporte. Il me faudrait réussir à lâcher prise sur notre relation, sur notre N/nous, ou notre nous… et je n’y arrive pas. Car j’aurais le sentiment de baisser les bras, de faillir.

Aujourd’hui je dois juste attendre. Attendre des jours meilleurs, peut-être. Des jours où l’insouciance pour chacun de nous deux sera à nouveau de mise, des jours où nous pourrons nous retrouver. Mais même ces jours là je les crains: tant de choses ont changés aujourd’hui, une certaine complicité s’est installée entre nous, un lien différent, plus fort, plus intime… Mais beaucoup de blessures d’âme aussi. Pour chacun de nous 2. Des petites fissures ici et là qu’il faudra colmater, panser, soigner. Et j’ai peur que tout ceci ne finisse par nous faire beaucoup de mal. Je n’espère qu’une chose, c’est que l’on soit assez fort pour y arriver. Que tout ceci n’est ni vain, ni voué à l’échec.

Aujourd’hui je me sens si impuissante, que je lutte chaque jour contre mes propres démons. J’essaie de garder confiance en moi, de me dire que j’ai une place bien réelle dans son univers chaotique. Mais je m’y sens parfois comme une ombre.
Voilà bientôt 6 mois que tout a basculé.
6 mois où je me promène sur le spectre des émotions, allant de l’amour inconditionnel à la colère.

Il m’arrive d’avoir peur qu’Il ne s’éloigne de moi, que  Sa situation fasse que cela ne se produise… Aujourd’hui tout est sujet à interprétation: lorsqu’Il lit un de mes doux messages et qu’il n’amène aucune émotion chez Lui, aucune réponse. Ou encore lorsque j’aborde certains sujets, ou pose certaines questions…et que les réponses données n’en sont pas. Comme s’Il se fermait à moi.
J’essaie tant bien que mal de ne pas écouter ma petite voix intérieure qui me crie « Panique! », j’essaie de me rassurer. Je suis encore là. Nous nous voyons encore. Certes, moins souvent. Son besoin de repos, de prendre du temps pour Lui. Je Le comprends. Je dois réussir à l’accepter aussi.

Je ne minore pas non plus les difficultés qui sont les siennes. Et chacune d’elle éveille ma colère plus encore.

Pour être sincère, j’en veux parfois à la terre entière. Je voudrais pouvoir hurler tout ce que j’ai sur le cœur, je voudrais pouvoir ouvrir les vannes, tomber à genoux, et pleurer de tout mon saoul. Je voudrais pouvoir évacuer la colère qui glisse petit à petit dans mes veines.
Je voudrais m’autoriser à dire que j’ai mal, que j’ai peur. Mais je garde ça en moi. Au risque de me briser.
Car il y a pire que la peur ou cette douleur qui a prit place en moi: l’idée de le perdre, tout simplement, me parait insurmontable.

Alors comme chaque jour qui voit poindre l’aurore, je revêts mon habit de lumière. Chaque jour, je me lève, je me tiens droite, et j’affronte mes propres démons.
J’apprends à mieux me connaitre, à repousser mes limites encore plus loin. Différentes de celles que j’ai pu connaitre jusqu’à aujourd’hui.
Je puise mon énergie dans l’amour de mes enfants et dans celui qu’Il me donne. J’apprends à le deviner là où il n’est pas toujours évident à lire ou à comprendre.

Au final, Sakura n’est déjà plus la même qu’il y a 6 mois. Quant à vous dire ce que je suis aujourd’hui, il me faudra encore un peu de temps je pense pour réussir à y mettre des mots.

Je garde surtout en mémoire qu’une épreuve n’est pas une fin en soi. Mais un moyen de tester notre résistance. Ne dit-on pas « Ce qui ne te tue pas , te rend plus fort »?

Et puis il  y a ces instants comme suspendus… ces moments où nous arrivons à N/nous retrouver, où le fouet vient mordre ma peau, le martinet mordiller ma chair… ces intervalles là où Il me tourmente avec plaisir, où mon esprit se relâche et s’offre démesurément à Lui. Le tout dans un mélange subtil de N/nous et de nous, que je ne sais pas encore définir.
Ces heures où je retrouve Ses mots, où je peux l’entendre me Les prononcer, où mon esprit retrouve sa place, où je me sens à nouveau infiniment Sienne.
Ces moments que je vis pleinement, intensément: parce que j’en ai besoin, parce que je ne sais pas quand sera le prochain, parce que je redoute que par la force des choses tout s’arrête subitement.
Et ces autres moments, plus doux, plus tendres que nous partageons aussi.

Voilà un peu mes états d’âme du moment… Des jours avec et d’autres sans. Allez, je ferme les vannes que j’ai bien malgré moi ouvertes quelques instants. Tout est sorti d’une traite, sans logique, sans réflexion. Juste un épanchement de mon cœur et de mon âme. Mais gardez à l’esprit que tout n’est pas si sombre. Bien sûr les difficultés sont là. Mais N/nous les traverserons, je n’en doute pas.

Comme le dit si bien une de mes petites têtes blondes   »Allez… Tout n’est pas si pire ».

En effet, il reste encore de belles choses et de beaux moments à partager. Sûrement.

Merci d’avoir lus mes mots, peut-être reçus et compris.

NB: J’ai sur le feu un projet dont je viendrais vous parler d’ici quelques temps, un peu de moi que je voudrais pouvoir dévoiler différemment. J’espère que vous saurez l’accueillir.
Au plaisir de vous lire, et d’avoir de vos nouvelles.

4 réflexions au sujet de « 18/02/2019 : Quelques nouvelles »

  1. Ma chère Sakura,
    Tout comme toi ma vie a changé il y a 6mois (demain exactement) suite à la décision que j’ai prise et vois-tu j’ai essayé de rester forte, de m’auto-persuader que la douleur ressentie passerait, que je ne regretterais pas ma décision, que c’était mieux ainsi….et puis ….
    Récemment il y a deux mois, j’ai eu confirmation que la découverte que j’avais fait, quand j’étais avec Lui ( et qu’il a amenuisé) était bien réelle et confirmée….je me suis sentie mal, dévalorisee…j’ai vu le rôle qu’il m’avait donné et surtout qu’il m’avait cru sans sentiments/émotions et je me suis autorisée à pleurer, à être en colère, a accepter d’être triste, malheureuse.

    Je pense que tu dois accepter tes ressentis, laisse s’exprimer tes émotions diverses car sinon j’ai peur que tu ne puisses un jour tomber et ne te relever que difficilement…. Même si je lis ta force Sakura.
    Tu es un être humain avec une âme, un coeur et il n’y a pas de mal à reconnaître notre faiblesse…parce que nous ne sommes pas infaillibles.

    Je te souhaite que cette situation évolue comme tu le souhaites, sincèrement.

    Je te soutiens amicalement et tendrement, tu peux me joindre sans hésitation, je suis là pour toi.

    Bises douces,
    Galathee.

  2. Bonjour tes mots sont bouleversants, mais je suis contente de te lire. Bien que tu sois en grande souffrance, tu gardes la tête haute pour vous deux. Cela doit être dur de voir ton amour si durement mené par la vie et tu le sens s’éloigner. Il doit penser à lui mais toi aussi tu dois penser à toi,et à un moment tu dis que tu voudrais crier, hurler, pleurer mais qu’il ne faut pas. Moi au contraire je te le conseille. Trouve un endroit isolé et laisse tout sortir, tu décris et écris bien tes émotions, mais des fois on a besoin de plus fort. Je suis peinée par ce qui t’arrive, j’espère que tu donneras des tes nouvelles bientôt, je peux être là si besoin, j’espère que tu es bien entourée. Avec toute mon affection bisous et Prends soin de toi.

  3. Qu’il m’est difficile d’imaginer votre peine, tant celle-ci doit être intense. Dans ces périodes difficiles, il est important de pouvoir compter sur des repères forts, comme l’amour de vos enfants. Ne vous perdez pas de vue non plus. Vous êtes humaine, vous faites du mieux que vous pouvez et nous pouvons généralement endurer des périodes de souffrance plus longue qu’on ne l’imagine.

    Je ne cherche pas à comparer, mais faites-vous confiance vous trouverez les ressources en vous pour continuer d’avancer à votre rythme, pas à pas. Soyez indulgente avec vous-même. Vous parlez de résistance et il doit y avoir de ça, c’est certain. On s’étonne de notre capacité à résister. Je l’ai vécu pendant de longs mois. Vous êtes forte et courageuse. Je suis certaine que vous garderez le cap. »Au jour le jour » comme vous l’aviez dit dans votre article précédent.

    Je vous envoie mes pensées positives et du courage. Prenez soin de vous.

    Amitiés,
    Ambre.

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