Appréhension(s)

 

Nous, soumises, en connaissons beaucoup, tout au long de notre apprentissage. Tout au long de notre voyage aux  pieds de nos Maîtres.

Je vis ma soumission J’aime appuyer sur ce fait. N/nous ne vivons pas ensemble mais Mon Maître est en moi, en permanence. Il a pris le contrôle de mes pensées, de mon corps, de mon cœur. Et je suis perpétuellement en réflexion sur ma condition. Connaissant des périodes de doutes sur la qualité de ma soumission, des périodes de manques, parfois très douloureuses, des périodes de peur de l’abandon…

Je n’ai pas d’expérience propre, sauf celle vécue auprès de mon Maître. J’en découvre au travers des textes d’inconnues parfois. Mais je ne vous apprends rien en vous disant combien chaque relation est différente, unique. Alors parfois j’y trouve certains éléments de réponse, mais la plupart du temps, c’est seule que j’avance. Oh…. Pas si seule, Il n’est jamais trop loin. Je Lui suis transparente : je Lui fais part de mes doutes, de mes peurs et angoisses, pas systématiquement non plus, je ne veux pas que cela devienne oppressant pour Lui. Mais Il les connaît. Il y répond quand mes émotions sont trop fortes et me submergent. Et Il y répond avec une main de fer, dans un gant de velours. Il allie la douceur du réconfort avec la fermeté de sa réponse. Et alors je reprends mon équilibre. Je Lui ai donné ce pouvoir, celui d’apaiser mes craintes, comme celui de les faire naître. Je ne me suis jamais autant abandonnée à qui que ce soit dans ma vie. Ayant pris pour habitude de me protéger sans cesse pour ne pas souffrir. Il est le seul à en avoir la possibilité…

La première de mes appréhensions je pense, est celle de ne pas être à la hauteur. Ne pas réussir à satisfaire à tous Ses désirs. Qu’ils soient d’ordre physique ou cérébral. Être une bonne soumise. Ce sentiment se promène en nous. Tantôt ressenti avec violence, suite à une erreur, un échec… Tantôt endormi, lorsque les mots magiques sont prononcés : « je suis fier de toi ! » ou « tu es une bonne soumise !

Et cela ne se traduit pas qu’en séance: comme je le dis plus haut, ma soumission est devenue mon état d’esprit quotidien. Je la sens dans ma chaire, mon esprit, du levé au couché. Donc mes tenues, mes comportements quotidiens, mes lectures, mes écrits, tout passe par mon filtre cérébral de soumise. Pour Lui. Pour le satisfaire. Et il arrive parfois que je fasse des erreurs. Ces dans ces moments là que je me déçois. Le ressenti en plus d’être moral est physique. Je le vis mal. L’idée même de savoir qu’Il peut être déçu… Est une douleur intense, et, je la vis comme ma première punition.

Mais j’apprends de chacune de mes erreurs, j’avance. En gardant en mémoire l’objet de ma maladresse. A toute chose difficile je dois apprendre à en ressortir plus forte, plus grande.

La deuxième appréhension est celle de la « séparation »: je ne parle pas de séparation définitive… Elle aura sûrement lieu un jour, je le sais. Mais je ne suis pas pressée de la voir arrivée. Je parle bien sûr de celle qui, de part N/nos vies respectives, N/nous éloigne l’un de l’autre pour des périodes plus ou moins longues. Et j’appréhende beaucoup… Une douzaine de jours, je commence à m’y habituer. Mais je sais que cet été sera très difficile. Même si je sais qu’Il trouvera un peu de temps pour me parler, me rassurer… Cela sera vécu comme une épreuve. Je sais que N/nous N/nous retrouverons sûrement très intensément après.

Je connaitrais à nouveau ce manque intense et violent, la douleur de son absence. Avec ce sentiment d’être vide. Et cette peur de sentir baisser son besoin de domination sur moi. Cette peur que ma laisse se détende… J’ai ce besoin, celui de sentir que je Lui appartiens, en tout temps et en tout lieu.

Je sais que je me dois de l’accepter, que je dois apprendre à vivre avec,que cela fait parti de ma condition de soumise et que je m’inflige toute seule des douleurs inutiles. Oh, elles commencent à se faire discrètes… Le manque est toujours là, très présent. Mais j’arrive à gérer mon quotidien plus facilement. J’ai encore des moments de doutes parfois, des journées difficiles, mais j’essaie de me ressaisir, de ne pas laisser les peurs ou les doutes m’envahir. J’ai choisi d’être Sa soumise. Il est donc évident que je n’impose rien ou ne décide de rien. Et je me dois d’affronter ce manque, et faire taire ces peurs car il ne peut pas en être autrement. Faire abnégation. Et accepter ma condition avec tout ce que cela engendre.

Accepter oui, mais réussir à vivre aussi. Profiter du quotidien.

Languir oui, mais sereine.

La troisième, serait la jalousie. Ahhhh…. Quel atroce découverte pour moi !! Je ne l’ai jamais connue. Après 20 ans de vie conjugale dans la vie vanille,  j’aurais finalement ressenti cet étrange sentiment…. Avec mon Maître ! Je crois que je suis passée par toutes les émotions possibles et inimaginables ! Pensant bêtement que s’Il en souhaitait une autre, c’était juste parce que je ne Lui suffisaient pas, ou que je manquais d’expérience, ou que je n’étais pas assez bonne soumise….

Oh bien évidemment ma jalousie ne se porte pas sur tout ce qui peut l’approcher non…. Seulement si elle porte un collier… Sourire.

Encore une fois, mon Maître m’a fait travailler ce point très délicat. Il m’a fait prendre conscience que je ne risquerais pas de perdre ma place, que j’étais Sa soumise. Et j’avoue qu’aujourd’hui j’avance assez sereine dans l’idée du partage. Je ne souhaite que Son plaisir, Son épanouissement. Et j’avoue que je prends aussi beaucoup de plaisir à le voir en dominer une autre: je trouve cela terriblement excitant, pouvoir l’observer. Les observer. Mais les expériences ont été assez brèves, j’ai encore assez peu de recul. Cela viendra en temps et en heure, je n’en doute pas.  Et je veux être prête pour ne pas le décevoir.

Le temps passe incroyablement vite depuis que j’ai accepté de grandir à Ses pieds, de devenir une autre. Depuis qu’Il a envahie mon quotidien.  Et je m’aperçois du chemin parcouru grâce à Lui. J’ai conscience d’être encore loin de la parfaite soumise, et quelque part tant mieux : j’aime qu’Il m’éduque, me dresse, me façonne telle qu’Il souhaite me voir devenir. J’ai le profond sentiment d’être sa sculpture et Lui l’artiste qui me crée de Ses mains.

Et je trouve que mon artiste a beaucoup de talents.

2 réflexions au sujet de « Appréhension(s) »

    • Je te remercie Shay Lee. Comme je me plais à le dire, Il est mon encre, Il guide ma plume. Mais je connais la tienne, donc je sais que tu comprends mon ressenti. Je t’embrasse.

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