Déjeuner de Retrouvailles

Nous y sommes.
Il y a eu ces chiffres, ceux que je n’ai pas cessé de compter. Ceux que je n’ai eu de cesse de regarder tourner, s’égrainer… S’envolant lentement un à un.
Passe un jour, puis deux… Puis trois… Comptant les heures, les minutes… Interminables. Tels ces grains de sable qui n’en finissent pas de tomber dans le sablier. Un à un.


Et finir par accepter et surtout comprendre que chaque grain qui tombe me rapproche un peu plus de Lui.

12.
C’est le nombre de jours qui se sont écoulés loin de Lui. Avec ce sentiment de vide, ce manque,ce besoin.

288.
C’est le nombre d’heures où je n’ai eu de cesse de penser à Lui. Toujours dans mon esprit, du réveil au coucher, et bien souvent dans mes rêves.

Et puis vient aujourd’hui. Ce jour tant attendu.
Après une nuit mouvementée par plusieurs réveils nocturnes, je me suis levée tôt : il était essentiel de prendre le temps de me préparer. Pour Lui.
Prendre le temps aussi de me poser tranquillement, mon café dans les mains et apprécier ces derniers instants de tension, ce sentiment qui m’habite depuis dimanche, savoir que je vais retrouver mon Maître, ma place à Ses pieds, me sentir Sa chienne, soumise à Ses désirs, offerte à Son plaisir.

Je n’ai pas cessé de le ressentir toute la matinée, intensément: tout mon corps en appelait à Le retrouver. J’étais avide, insatiable, affamée, gourmande et vorace.
A midi, j’ai rejoint ma voiture maudissant le piéton nonchalant, puis maugréant contre ces feux tricolores s’acharnant à m’offrir du rouge… Le rouge je l’avais aux joues, et le voulais partout sur mon corps.
Et me voilà. Je grimpe les escaliers, pousse la porte..

Il est là. Assis, tranquillement sur son canapé. Je vois mon tapis, mais je brûle du désir de me mettre à Ses pieds. De me lover sur Ses jambes,contre Lui.
Je prends patience, tiraillée par ce temps si court que N/nous offre le mardi. Je prends place sur mon tapis. Je sens dans ma poitrine chaque battement de mon cœur, fort, puissant. Je ne peux compter le nombre d’émotions qui me traversent :la joie, le plaisir, le désir, l’envie, l’allégresse, le bien-être, l’euphorie… Et cette paix, cette sérénité, ce calme qui doucement me gagne. Je suis en équilibre. A ma place.

Claquement de doigts. Le signal est donné. Je suis à Ses pieds, venant saluer Ses chevilles.
Il me saisit par ma queue de cheval, m’attirant fermement vers Lui. Sa bouche vient prendre la mienne, avec force. Ses mains sont sur moi. Et le voilà qui cherche à savoir si mon plaisir d’être là se manifeste… Évidemment, je suis trempée. Je m’autorise à déposer mes lèvres sur son cou. Je m’ enivre de Lui, de sa présence. Ce manque qu’Il a créé me rend ivre de Le retrouver.

Il m’ôte ma robe. Toujours à genoux à Ses pieds.
« montre moi combien je t’ai manqué, suce moi ».
J’en meure d’envie. Son sexe déjà dur, à quelques centimètres de ma bouche, ouverte, prête à le goûter, le déguster, Il s’amuse à me faire languir, tirant ma tête en arrière par ma queue de cheval, m’empêchant ainsi d’avoir mon plaisir entre les lèvres. Je lutte, tirant à contre sens pour pouvoir le glisser dans ma bouche, essayant du bout de ma langue d’en effleurer le gland. Mais Sa force me retient.
Finalement Il relâche la pression et vient me placer la bouche, ouverte et gourmande, sur sa queue tendue de désir. Je la reçois au fond de ma gorge. Je suis aux anges. Je la sens glisser en moi, je la goutte, m’en imprègne. Je veux la détailler de ma langue, la boire. A cet instant précis, je me sens apaisée, heureuse et comblée.
Ses mains glissent sur mon dos, effleurant mon récent tatouage, arborant fièrement mon nom. Celui qu’Il m’a donné. Il libère ma poitrine, venant la pincer, la caresser, l’empoigner.
Au bout de quelques minutes, Il se relève: »ne bouge pas ! »
Tête posée sur le canapé, croupe offerte, j’attends sans bouger.
Le premier claquement du fouet se fait juste à ma droite. Raisonnant dans mon oreille. L’entendre me ravie. Mon sourire ne me quittera pas jusqu’à mon départ.
Le fouet que mon Maître manie divinement, viendra caresser de sa langue mon dos, mes épaules, mon cul… Chaque sifflement aérien, chaque claquement sur ma peau éveille encore plus mon plaisir.

Je reçois quelques bonnes claques sur le cul. Ses mains viennent m’honorer de leur présence: avec force. Et dans chacun de Ses gestes, je peux ressentir Son désir. Chacun me révélant ce que j’espère un peu : oui, je Lui ai manqué.

Il revient à côté de moi, me fait ôter mon string.Je me place à genoux, et à Sa demande, Le suce encore. Je suis avec Lui. Sereine au possible. Complète. Je suis moi.
Il me replace à genoux devant le canapé : »mains dans le dos ». La corde… Ma corde. Celle qui me complète, que j’aime sentir sur moi. Dont j’aime Le voir se servir sur moi. Il lie mes poignets dans mon dos. Fermement. J’imagine chaque courbe qu’elle fait, j’imagine chaque mouvement qu’Il lui donne. Lui donnant vie à travers N/nous.

Il m’aide à me redresser,et installe mon tapis au pied du canapé: « à quatre pattes ».
Ma poitrine vient s’écraser contre l’assise, ma tête posée sur le côté. Les bras toujours dans le dos, j’ecarte les jambes, offerte.

Sans attendre et comme Il me le dit également, Il me baise. Salope que je suis, chienne bien trempée. Il glisse en moi. Je le sens me pénetrer sans ménagement, pour Son plaisir. Je suis là pour ça, et je ne peux pas cacher le mien. Ma contrainte, la force de Ses mouvements, profonds, puissants… Me mène rapidement au supplice. Mes cris de plaisir se font entendre : plaisir d’être là, à ma place, mêlé à celui de Le retrouver, et à celui que mon corps reçoit. Je bascule, je perds pieds…
Et alors que Ses coups de reins s’intensifient, la phrase qui me libère est dite : »lâche toi ! Je veux t’entendre !!  »
Je me laisse envahir par ce flots de plaisirs multiples.. Lui, être Là, à ma place, Sa queue en moi… Mon corps entier en équilibre, mon esprit apaisé… Je jouis à Sa demande.

Et je Le reçois encore, jusqu’à ce qu’Il jouisse à son tour. Je me délecte de L’entendre, de Le sentir prendre plaisir… Je suis tremblante, et sereine. Épanouie. Convaincue du caractère essentiel et définitif de ce choix, de ma soumission. Et rassurée par Lui. Je Lui ai manqué, Il me l’a dit, me l’a montré par sa vigueur, sa fougue et son envie de me faire partager Son plaisir à N/nous retrouver. Il m’a baisée, Il m’a prise comme j’aime m’offrir à Lui.
Je suis SA chienne, SA salope, SA soumise.
Et en cela, Il me comble. Il est mon Maître, mon Équilibre, mon Essentiel.

N/nous avons déjeuné ensemble, pris le temps de parler. Et mes yeux ont croisé les Siens un peu plus que d’habitude. J’avais besoin de le voir, de lire en Lui.

Je ne tremble plus, je n’ai plus d’angoisse, je sais.

Mes respects à Vous mon Maître,
Je Vous aime.
Votre dévouée Sakura.

2 réflexions au sujet de « Déjeuner de Retrouvailles »

  1. Je connais parfaitement ce ressenti quand enfin on le retrouve. Ton texte est plein d’émotions et de dévotion c’est un plaisir à lire.

    • Merci Shaylee…. Les ressentis de ces moments de retrouvailles sont une drogue dure, j’y suis accro. Et cela me permet de supporter la séparation sans trop en souffrir aujourd’hui.
      Je t’embrasse,
      Merci de me suivre ma douce.
      Sakura

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