Interprétation personnelle…

Je relis par moment des livres qui ont touché mon âme. Certains récents, d’autres datent de la période innocente de mon enfance.

Et, ces relectures avec le regard de l’adulte, de la femme que je suis, épanouie dans ma soumission, me font parfois sourire du double sens que l’on peut leur porter.

Alors je m’en amuse et sans toucher au sens du texte, j’en adapte les mots pour les approcher de ma condition.

Voici ici un premier extrait qui résonne en moi par sa poésie, son sens et ses vérités.

Qu’est-ce que signifie  » apprivoiser  » ?
– C’est une chose trop oubliée, dit le Maître . Ça signifie  » créer des liens…  »
– Créer des liens ?
– Bien sûr, dit le Maître. Tu n’es encore pour moi , qu’une petite soumise  toute semblable à cent mille petites soumises. Et je ne suis encore pour toi qu’un homme tout semblable à cent mille autres hommes.  Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un Maître  semblable à cent mille Maîtres. Mais, si je t’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
– Je commence à comprendre, dit la soumise. 

Mais le Maître revint à son idée :
– Ma vie est monotone. Toutes les femmes  se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si je t’apprivoises, et si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas ne m’attirent pas, ils sont quelconques. Le tien réveillera en moi le besoin de vibrer, comme une musique. Et puis il y aura ton parfum, celui que tu laisseras ici par volutes ! Il me fera me souvenir de toi.

La soumise se tut et regarda longtemps le Maître : – S’il Vous plaît… apprivoisez-moi ! »

 »Je veux bien, répondit le Maître, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
– On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit la soumise . Les hommes n’ont plus le temps de rien. Monsieur, faites moi soumise, apprivoisez-moi !
Que faut-il que je fasse ? 
– Il N/nous faudra être très patient, répondit le Maître. Tu t’assieras d’abord un peu loin de moi, comme ça, sur ton tapis. Je te regarderai du coin de l’oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près. Puis viendront les mots, et doucement tu te rapprocheras de moi, et doucement N/nous N/nous lierons l’un à l’autre. 

Le lendemain revint la soumise. 
· Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le Maître . Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures tu commencerais d’être heureuse. Plus l’heure avancera, plus tu te sentirais heureuse. À quatre heures, déjà, tu t’agiterais et t’iinquiéterais; tu découvrirais le prix du bonheur! Mais si tu viens n’importe quand, tu ne saurais jamais à quelle heure t’habiller le coeur… Il faut des rites.
– Qu’est-ce qu’un rite ? dit la soumise. 
– C’est aussi quelque chose de trop oublié, dit le Maître. C’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures.

Ainsi le Maître apprivoisa la soumise. Et quand l’heure du départ fut proche : – Ah! dit la soumise. .. je pleurerai.
– C’est de ta faute, dit le Maitre, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…
– Bien sûr, dit la soumise.
– Mais tu vas pleurer! dit le Maître.  
· Bien sûr, dit la soumise.  
· Alors, tu n’y gagnes rien !
· J’y gagne, dit la soumise, à cause de la force, de l’amour et de tout ce que Vous m’avez donné. Puis le Maître ajouta : – Va revoir les hommes. Tu comprendras que ton Maître est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.
La soumise s’en fut revoir les hommes.  
– Vous n’êtes pas du tout semblables à mon Maître, vous n’êtes rien encore, leur dit-elle.Personne ne vous a apprivoisé et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon Maître.  Ce n’était qu’un homme semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait MON Maître, et il est maintenant unique au monde.
Et les hommes étaient gênées.
– Vous êtes beaux,  mais vous êtes vides, leur dit-elle encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, mon Maître à moi, un passant ordinaire croirait qu’Il vous ressemble. Mais à Lui seul Il est plus important que vous tous réunis,  puisque c’est Lui que j’ai aimé, adoré, vénéré. Puisque c’est Lui qui m’a prise sous son aile. Puisque c’est Lui qui m’a sculptée, éduquée.  Puisque c’est pour Lui que j’ai aimé dépasser mes limites. Puisque c’est Lui que j’ai écouté même dans Ses silences. Puisque c’est mon Maître. 

Et elle revint vers son Maître  – Adieu, dit-elle. ..
– Adieu, dit le Maître.  Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.
– L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta la soumise, afin de se souvenir.
– C’est le temps que tu as passé avec Moi qui fait que je te suis si important. 
– C’est le temps que j’ai passé avec Vous … fît la soumise, afin de se souvenir.
– Les hommes ont oublié cette vérité, dit le Maître. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. N/nous sommes donc responsable l’un de l’autre. 
Je suis responsable de Vous …., répéta la soumise afin de se souvenir .

J’espère que ce petit exercice V/vous aura plu ou du moins fait sourire.

Merci à Monsieur Antoine de Saint Exupery et à son Petit Prince pour ces mots. Et mes excuses aux puristes qui jugeront incorrecte mon petit exercice de style.

La plume est mon amie. Mon Maître en est l’encre, inépuisable.

Apprivoisez-moi Maître Katsuo, avec tout ce que cela implique.
Emmenez N/nous découvrir N/nos limites.
Devenons responsable de ce que N/nous apprivoisons.

Avec tout mon respect,
Votre dévouée soumise,
Sakura.

2 réflexions au sujet de « Interprétation personnelle… »

    • Merci à toi !
      Qu’entends tu par « une plume à toi à publier ?  »
      J’aime écrire. Infiniment. Depuis toute petite.
      Je manque parfois de temps. Et cela me frustre un peu j’avoue… Mais ma nouvelle vie m’apprend à gérer cette émotion aussi.

      Au plaisir de découvrir la tienne également.

      Sakura.

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