Le shoot aux hormones…

 

« C’est auprès de toi que ma vie prend sens. Je t’ai dans la peau. Je t’ai dans l’âme. Sans toi je ne suis rien. Tu es ma drogue, mon espérance et mon idéal. » – La Spirale du bonheur – Paule Salomon

 

Mise en garde: Ce sujet traite des similitudes entre drogue et amour. Si pour vous l’amour n’a pas sa place dans une relation D/s, inutile d’aller plus avant.

J’avoue que j’ai souvent utilisé cette expression ici, sur mon Blog ou dans mes messages à Son attention: « Vous êtes ma drogue, je suis Votre junkie »…

Et… une récente réaction physique à l’occasion d’une séance (délicieuse!!) m’a poussée à aller chercher un peu plus loin ce qui pouvait ainsi interagir entre mon esprit et mon corps. Oui, j’aime bien comprendre les choses, connaître les « pourquoi », les « comment »…surtout sur des choses aussi élémentaires que mon corps, ou mon esprit…Les deux étant étroitement liés dans le sujet qui nous concerne ici.

Que ce soit dans la littérature ou dans les chansons qui traitent du sujet « amoureux », le langage de l’amour a souvent emprunté le lexique de l’addiction, depuis l’ivresse de la passion jusqu’au sevrage de la rupture.

Première étape donc, définissons le mot Drogue:

Si j’en retire les définitions d’ordre sanitaires et les effets néfastes qui en découlent, je retiendrais celle ci qui me semble dans le cas présent, la plus appropriée:

– Chose qui grise, imprègne l’esprit ou dont on ne saurait psychologiquement se passer.

Et qui dit « drogue », dit Addiction, Dépendance, Ivresse ou encore sevrage… Vous comprenez mon cheminement?

L’état de dépendance au sein d’un « couple » est prouvé scientifiquement: les zones du cerveau activées lorsque le sujet est mis face à l’image de son partenaire sont les mêmes que celles qui sont activées dans les états d’euphorie générés par des drogues telles que la cocaïne(Source: University College de Londres).

Essayons d’en comprendre les  vecteurs chimiques, et réactions physiques induites…

L’une des premières hormones de l’amour, produite en grande quantité au début de la relation, est la PEA (phényléthylamine). La PEA provoque un sentiment d’euphorie et se manifeste par un sentiment  de joie, de bien-être et d’exaltation. On peut libérer la PEA grâce à l’usage de psychotrope (de type ecstasy, amphétamines…).

Puis vient ensuite la Dopamine : elle semble « doper » la personne sur laquelle elle agit.
On observe une agitation mentale, une certaine extase, un sentiment d’invincibilité naît, accompagné d’une énergie débordante. Cette hormone est libérée de façon systématique lors d’usage de n’importe quelle drogue.
Le désir lui, est lié à l’augmentation de la sécrétion de dopamine.

Aux premières sensations de plaisir, il s’y ajoute une sécrétion de testostérone, hormone de la libido ( hormone également libérée par la prise de stéroîdes)  et de lulibérine,  que j’appelerai l’hormone des caresses et du contact… ces deux dernières, couplées, multiplient les effets de la dopamine.

Une fois ces différentes hormones diffusés dans notre corps, vient le tour de l’endorphine, qui donnent une impression de bien-être, de détente, qui apaisent les douleurs et le stress….que nous connaissons avec l’orgasme.

Et enfin la petite dernière: l’endomorphine: l’hormone du plaisir intense, mais qui agit aussi sur l’inhibition de la douleur!

Toutes ces hormones libérées par notre petite machine intérieure, notre cerveau, ne nous sont pas étrangère, nous les côtoyons également au sein de relation « vanille ». Toutefois, et ceci est mon avis personnel, dans une relation D/s, entre en jeux une grande part de « spirituel » bien plus que de sexuel.
Je m’explique: Il y a déjà cet aspect de dépendance que l’on ne peut pas nier, mais en plus de cela, il y a aussi le plaisir que l’on prend à se soumettre qui rentre en ligne de compte. La résultante physique de cet état psychologique, approcherait celui de la méditation obtenue par certaine pratique du yoga ( sources: étude menée par la Northern Illinois University), libérant ainsi un taux de cortisol bien plus élevé que lors d’un rapport plus classique, plus « vanille ».

Quels sont les effets du cortisol sur le corps ?
– il stimule la dégradation protéique et graisseuse dans la plupart des tissus
– il augmente la sensibilité des fibres musculaires lisses
– il a des effets anti-inflammatoire

Vous saupoudrez tout ça d’un peu d’ocytocine (la molécule de l’attachement)… et vous voilà dans un univers d’opiacés délivrés sans ordonnance, mais savamment inoculés!

Toutes ces hormones, ce shoot délivré lors d’une séance, mêlé au besoin, à la nécessité et au plaisir que nous offre notre soumission, permet petit à petit de faire tomber nos barrières, annihilant les résistances psychologiques que l’on se forge au fur et à mesure des années et, nous permet de découvrir des états psychologiques et physiques bien différents de ceux connus jusqu’alors.

Voilà…Il m’aura fallut effectuer quelques recherches (je n’ai pas de bagages Scientifiques moi…rires) afin de comprendre ce cheminement qui nous amène à cette fameuse bulle, ce subspace, où nous ne sommes plus tout à fait là, où nous ne contrôlons plus rien de nos gestes, de nos ressentis… où la douleur n’est plus que plaisirs…intense de surcroît…

Mais n’y a-t-il pas finalement un risque à tout cela? Comme toute drogue qui apporte ses plaisirs, ne risquons nous pas de devenir accro? Arrivons nous encore à apprécier les relations plus vanille et les pratiques inhérentes? Quand cette dimension de don, de partage…quand ce lien n’est pas aussi fort? Peut-on encore s’en contenter?

J’avoue qu’aujourd’hui, j’ai un doute plus que sérieux…

6 réflexions au sujet de « Le shoot aux hormones… »

  1. Merci Sakura,de ce nouveau chapitre et de toutes ces recherches que tu as effectué pour celui-ci, nous permettant de comprendre les mécanismes de notre cerveau et de notre corps.
    Pour ma part, ma dernière relation vanille/normale a pris fin il y a 2 ans et a duré 9 mois malgré qu’au début nous étions très amoureux mais petit à petit j’ai ressenti un manque de D/s, je m’ennuyais…et d’autres d’éléments m’ont poussé à mettre un terme à cette relation.
    Je sais que je ne pourrais plus me passer d’être soumise, guidee par un Maitre même si ce n’est pas dans une relation quotidienne.
    Toutes ces hormones dont tu parles sont bien une drogue dont je ne pourrais plus me passer, j’ai besoin de vibrer et je ne ressens que ces effets, qu’en présence de mon Maître, quand je suis à ma place à ses pieds.

    Bonne journée et mes salutations distinguées à ton Maître.
    Bises à toi Sakura.
    Galathee

    • Bonjour Galathée,

      Merci pour ton message. Et oui, nous sommes de vraies junkies, et Ils sont nos dealers, il n’y a aucun doute là dessus! rires….

      Et jepense comme toi: le retour à un monde vanille et uniquement vanille semble des plus difficile… bien que tout ce qui relève de l’addiction peut se « soigner » si j’ose dire…. encore faut-il le vouloir… et ça c’est un autre débat!

      je t’embrasse,

      $akura

  2. Bonsoir $akura,

    Je te remercie pour cet article, il vient à point nommé suite à notre séance du 06 juin avec Maitre Fox…
    Je lis beaucoup sur les neurosciences, la psychologie et ce que tu as écrit m’a beaucoup intéressée.
    Le corps humain a des ressources encore mal connues…sourires.
    Mes respects à Maitre Kat$uo, je t’embrasse

    Dana

    • Bonjour Sakura,

      Je suis nouvellement soumise. Je découvre la relation D/s. C’est vrai que c’est une came et dieu que cela est bon.
      Un retour à la relation vanille ? Heuuuu , pas sure.
      J’ai une petite question … j’ai remarqué qu’a chaque fois que je vois mon Maitre dans les jours qui suivent je fais de grosses chutes de tension … sur le coup cela m’inquietait, j’ai même fais un bilan sanguin … rien ! J’en ai tiré la conclusion que c’est la descente de mon shoot qui me causait cela.

      Qu’en penses tu ? As tu déjà ressenti cela ?

      Merci de ton retour

      Ps: Merci pour ton blog, j’apprends beaucoup à travers tes partages.

      soumise Mademoiselle

      • Bonjour Mademoiselle,

        A mes débuts avec mon Maître, je ressentais ce genre de redescente… cette sensation d’extrême fatigue physique et mentale suite à une séance riche et intense. Il me fallait quelques jours pour me remettre sur pieds…sourire… et puis, avec le temps, le corps s’habitue, la redescente est plus douce et moins longue…
        Et puis il y a ces moments de grande intensité… ou il faut plusieurs heures pour atterrir, nos subspaces… ceux là sont divins..

        Je ne connais pas ton histoire, donc il m’est difficile de tirer une conclusion hâtive, et qui plus est…sourire, je n’ai pas non plus la prétention d’avoir toute les réponses!
        Je pense qu’il faut que tu te donnes du temps pour voir comment ton corps réagit au fur et à mesure de V/vos rencontres.

        Je te remercie et te souhaite la bienvenue ici dans mon petit univers.
        J’espère que tu y trouveras de quoi nourrir tes réflexions.

        N’hésite pas à me poser des questions au travers de mes articles, je fais en sorte de toujours répondre.

        Belle fin de journée à toi,

        Mes respects à ton Maître,

        $akura

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