N/notre semaine de retrouvailles : Partie I

 

 

 

« Laisse-moi t’aimer, mais ne m’aime pas en retour. Aime-moi et laisse-moi te haïr quelquefois. Laisse-moi l’illusion de contrôler les choses, parce que je sais bien que tout m’échappe. » – Toi et moi à jamais – Ann Brashares

Je Vous livre ici N/notre récit. Il est intime, il est personnel… Par respect pour mon Maître, je ne détaillerais pas la nature exacte des problèmes que N/nous rencontrons, et j’espère que V/vous serez en mesure de comprendre qu’il s’agit là d’un moyen de N/nous protéger.

L’avant

Les jours passent et nous rapprochent de cet instant tant attendu… Et pourtant redouté.
Les premières semaines passent, me laissant profiter de ces moments en famille, et je m’y sens bien,car je sais que je Vous retrouve. Oui, c’est long, oui, Vous me manquez. Mais je le vis bien mieux que ce que je pouvais le croire.
Les jours passent, défilent… et chacun d’eux me rapproche de Vous, je le sais. Mon corps aussi le sais… Et cela me surprend. Je découvre par ce manque, non plus seulement mon besoin d’être avec Vous, mais aussi mon besoin de soumission, total, physique et psychologique. Ce besoin d’abandon, ce besoin de lâcher prise, de perdre le contrôle et de m’offrir à Vous. Toujours plus.


Le fouet me manque, la cravache me manque… Oui, les plaisirs de la douleur me manquent, et mon corps me le fait savoir.

Et puis voilà… 2 semaines avant de Vous retrouver, la mauvaise nouvelle tombe.
Je suis en état de choc.
Totalement bouleversée.
Dans un premier temps, Vous concernant: Je sais que cela va chambouler beaucoup de choses pour Vous. Entre autre concernant la gestion de Votre emploi du temps.
Puis arrive la peur de ce que N/nous allons devenir N/nous. De ce que cela pourrait changer.
Encore trop tôt pour se prononcer sur quoique ce soit, mais mon cerveau envisage tous les futurs possibles…. sans discontinuer, il tourne en boucle, visualisant mille et un schéma, du meilleur au pire. Je perds le contrôle de mes pensées.

J’ai connu tout un flot d’émotions, diverses et variées. Allant de la peur de Vous perdre, en passant par celle de Vous savoir malheureux, ou encore celle de réaliser que j’étais capable d’envisager de Vous rendre mon collier… Par amour pour Vous.
Des sentiments contraires, des sentiments similaires… 15 jours où mes émotions ont doucement pris le pas sur ma raison.
La veille de N/nos retrouvailles, après 5 semaines d’absence, de vide physique… Je suis troublée, confuse. Une peur de ne pas retrouver ma place s’installe en moi. D’avoir perdu mes repères, de m’être égarée.
Je dors peu. Ou de façon agitée. Mes nuits sont loin de m’apporter le repos nécessaire.
Je n’ai aucune idée de l’état d’esprit dans lequel je vais Vous retrouver, bien que Vous n’ayez de cesse de me rassurer.
Ce point est à souligner… Je Vous remercie de la confiance que Vous avez su me démontrer: Vos mots, N/nos échanges. La façon dont Vous Vous êtes ouvert à moi. Vos craintes et angoisses… Je suis heureuse, honorée de savoir que Vous estimez possible de partager cela avec moi.

Mardi 04 Septembre

Mardi arrive… Et j’ai le sentiment que mon corps me lâche. Mon esprit dit blanc, mon corps dit noir.
Je tremble comme jamais auparavant, des larmes s’échappent sans que je ne puisse les contrôler, mon cœur bat si fort dans ma poitrine que je peux le voir battre sur ma peau. La tête me tourne. J’ai soudain peur de ne pas être en mesure de Vous rejoindre, incapable de gérer ce que mon esprit inflige à mon corps.
Une demi heure de méditation me permettra de calmer toutes ces sensations bien trop vives et qui me submergent.

Je prends la route en avance avec Votre accord. Arrivée au péage…
Je reste quelques instants dans la voiture… cherchant à me recentrer. Il y a mon besoin viscéral de courir Vous rejoindre, de venir me lover dans Vos bras…. et il y a cette peur indicible de découvrir que quelque chose se soit brisé en moi… Mais je ne peux pas rester là, et attendre. Je veux savoir. J’ai besoin de savoir.

Je pousse la porte. Votre sourire me fait comprendre combien Vous êtes heureux de me retrouver.
La porte fermée, je m’engage dans l’escalier… quelques marches gravies, et me voilà bloquée contre le mur, Vos mains parcourant mon corps, jouant avec mes seins, glissant sous ma robe. Vos lèvres me dévorent… Je peux sentir Votre sexe déjà durci collé contre moi et cela attise encore plus mes désirs et besoins.
Rien ne semble avoir changé.
Et je me laisse guidée par Vous. Mais je sens en moi monter l’angoisse. A nouveau cette peur qui me tétanise, qui me fait réaliser que tout ceci se terminera peut-être plus tôt que N/nous n’avions prévu. Les larmes me montent aux yeux, submergées par toutes ces émotions: celles de Vous retrouver, celles de Vous perdre. Celles de m’être égarée.

Arrivés à l’étage, N/nos corps danseront ensemble dans un flot de désirs et de plaisirs. Enfin réunis.
Mes hanches épousent les Vôtres, N/nos rythmes s’accordent… à nouveau fusionnels.
Mon corps semble retrouver ses repères, ses habitudes. Mon esprit lui, lutte entre toutes les émotions qui le submergent et ne laissent donc pas place à mon lâcher prise comme je le souhaiterais. Je me sens « coincée » quelque part, à toute proximité de Vous, mais sur la réserve.

Et puis, alors que N/nous sommes enlacés sur Votre canapé… Votre téléphone sonne. Vous Vous isolez pour prendre l’appel. Lorsque Vous revenez vers moi, Vous êtes pâle… ce que l’on vient de Vous annoncer est « encore pire » que ce que N/nous pouvions imaginer à la base.

Vous m’énoncez clairement de quoi il retourne. Mon cerveau part en vrille, mais je ne souhaite rien laisser paraître. Vous soutenir me semble plus essentiel sur l’instant.

J’imagine sans problème la petite lutte intérieure qui se trame en Vous, entre les possibilités de choix et les risques qui en découlent.

De mon coté, l’annonce est aussi violente qu’un coup de poing dans le ventre donné avec vigueur et rage.
Comment gérer? C’est un tsunami.
Vous venez me rejoindre sur le canapé et N/nous parlons. Tout ce que cela va engendrer dans Votre quotidien, tout ce que cela va chambouler dans Vos habitudes, tout ce que cela aura comme incidences… Vos doutes et interrogations ….et mon cerveau en boucle visualise le « problème » … oh, j’imagine sans aucun problème que le Votre tourne en boucle aussi. Je vois Votre visage, par moment Vos yeux qui s’humidifient… ou se perdent dans Vos réflexions…
Vous me faites part de certaines choses concernant Votre vie personnelle. De ce qu’elle est, de ce qu’elle n’est pas.
Vous me parlez à cœur ouvert, ou du moins, autant que Vous pouvez le faire sachant combien ce n’est pas dans Vos habitudes.

Et je suis là. Totalement impuissante. Je ne peux rien faire. Absolument rien.
Je ne peux rien dire non plus. Je voudrais pouvoir Vous soulager de Vos craintes, je voudrais pouvoir Vous offrir plus que les plaisirs de mon corps.
Je ne me suis jamais sentie aussi vide ni inutile qu’à cet instant. Pourtant je sais qu’à ma manière, ma présence Vous apporte aussi du réconfort. Mais je me sens tellement impuissante face à ça. J’ai envie de crier. Je ne peux pas. J’ai envie de laisser sortir ma colère. Je ne peux pas.

Et puis vient ce moment où N/nous parlons de N/nous. De N/notre avenir, plus ou moins proche. Et cette phrase…

« Ce n’est pas comme si N/nous devions N/nous séparer à cause d’une maladie grave non plus, ou pire encore…. mais oui cela va changer certaines choses. Et je devrais sûrement te rendre ta liberté, oui »

Le sol se dérobe sous mes pieds. Mon cœur se brise. Je ne veux pas!! A cet instant, je me sens punie pour quelque chose qui ne m’appartient pas, un dommage collatéral à tout cela. Je n’arrive pas à l’envisager. Je ne sais pas comment je pourrais simplement Vous dire adieu et Vous laisser à cette vie que Vous n’avez pas choisie. Et puis je pense aussi à moi… Petit être égoïste… que vais-je devenir? Pourrais-je simplement redevenir celle que j’étais avant Vous? Non. Je le sais. Il me faudra faire un deuil. Il me faudra tourner une page que je ne veux pas tourner. Je mesure l’ampleur de N/notre lien… Je vais me briser complètement. Comment envisager une seule minute que Vous puissiez sortir de ma vie?

Pourtant, je n’aurai pas le choix. Et si c’est ce choix qui s’impose à N/nous d’ici quelques temps, j’accepterai la souffrance de Vous perdre pour Vous laisser à cette vie… Qui ne Vous épanouira pas. J’en suis convaincue. On ne coupe pas les ailes d’un oiseau libre. Pas sans le meurtrir. Ça me rend dingue.
Vous allez en souffrir, je vais en souffrir… Qu’avons-N/nous fait pour être ainsi puni?

N/nous passons le reste du temps que Vous aviez prévu de consacrer à N/nos retrouvailles à discuter de tout ça. Vous vouliez m’offrir un peu plus de Vous, un peu plus de N/nous… Vous aviez prévu de rouvrir plus tard. J’imagine que Votre programme n’était pas celui-ci… et Vous Vous en êtes même excusé. Moi je Vous en remercie.

Je n’avais pas prévu non plus un pareil choc pour N/nos retrouvailles.

Je n’avais pas prévu qu’elles aient à la fois le goût du bonheur de retrouver ma place, de Vous retrouver Vous…et ce goût amer de fin imminente, de compte à rebours… de punition à venir, que Vous ne maîtrisez pas.

J’en veux à la terre entière.
Et je Vous quitte pour revenir à ma vie, sachant que je vais devoir enfiler ce masque du « tout va bien, tout est sous contrôle » alors que rien ne l’est.

Sur le chemin du retour, je ne verserai aucune larme. La colère a prit le dessus sur le chagrin. Et j’ai ce sentiment de créer un mur autour de moi, de m’enfermer, de me barricader à ce que je peux ressentir, pour ne laisser place qu’à la colère que je peux maîtriser, elle.
Je me sens froide. J’ai peur de chercher à me protéger de mes propres émotions, sans pouvoir le contrôler.

Mais que va-t-il rester de moi? Quelle soumise je peux être pour Vous si je ne suis plus capable de ressentir mes propres émotions, si je me ferme?
Et en même temps, ce sentiment de culpabilité: comment je peux égoïstement songer à moi, alors que c’est à Vous que cela arrive. Même si indirectement j’en suis impactée.
A cet instant, je me dis que finalement, Vous n’avez pas besoin que je Vous livre mes états d’âme, que ce poids je vais devoir m’habituer à vivre avec, seule, afin de ne pas venir ajouter à ce que Vous avez déjà à gérer.

Et l’angoisse de jeudi soir s’installe… qu’est-ce que je vais pouvoir Vous offrir de bon dans cet état d’esprit?
Entre ce dont j’ai besoin, et ce que je serais en mesure de Vous donner…

Petit à petit je réalise que oui… le mur se construit autour de moi. Brique après brique, je m’enferme dans ma tour pour me protéger. Non pas de Vous, non.
Mais de moi. De mes attentes, de mon monde qui doucement s’effrite sans que je ne puisse y faire quoique ce soit. Je n’ai absolument aucun contrôle.

Le parfum de N/nos retrouvailles n’a pas la douce saveur de celles que N/nous avons connu auparavant.
J’en ressors une chose de positif toutefois: N/nos échanges. Cette capacité que Vous avez su développer à Vous ouvrir à moi. A me parler sans filtre.
Une autre des raisons qui me pousse à me taire. Je ne voudrais pas que pour me protéger Vous puissiez décider de changer d’attitude.

Et parallèlement, arrive cette nouvelle fenêtre de plaisirs possibles que je N/nous offre. Je la nommerai « Mlle S ».
Je décide donc de me concentrer sur cette tâche, de m’y jeter corps et âme, afin d’oublier le reste. Au moins pour un temps. Le temps de cette parenthèse.
Une façon pour moi de laisser un peu de lumière entrer dans ce tunnel dans lequel j’ai le sentiment de me réfugier.

Un jour après l’autre.
Aujourd’hui, ce mardi… la phrase qui me sert de mantra « Un jour de plus, c’est un jour de moins » prend un sens bien différent.

7 réflexions au sujet de « N/notre semaine de retrouvailles : Partie I »

  1. Sakura, je suis désolée de cette nouvelle qui V/vous affecte ton Maître et toi.
    Cela me fait mal au cœur et à l’âme ce que vous traversez (même si on ne connait pas l’issue) car fin Août ma relation avec mon Maître a pris fin.
    Je me remets doucement et je prends du temps pour moi et je ne sais pas si je pourrais un jour avoir envie de retourner dans une relation D/s.
    Bon courage à V/vous deux.

    • Bonsoir Galathée…

      Je suis navrée d’apprendre cette triste nouvelle. Sincèrement.
      Sache que je suis là si tu ressens le besoin d’en parler.

      N/nous concernant…mon Maître ne se prononce pas encore…bien qu’au travers de Ses mots,Il me rassure dans l’idée que tout ne peut pas s’arrêter ainsi, que N/nous trouverons à N/nous adapter…

      Même si aujourd’hui j’ai du mal à envisager demain, je veux Lui faire confiance.

      Merci pour tes doux mots remplis de réconfort.
      Et surtout n’hésite pas.
      Et prend bien soin de toi surtout…je n’ose imaginer combien cela peut être difficile…

      Je t’embrasse.

      Sakura

      • Sakura, merci de ta réponse et de ton soutien.
        Je t’enverrai un mail dans le ciucour du week-end si tu n’y vois pas d’inconvénients.

        Je t’embrasse,

        Galathee.

          • Bonjour Sakura,
            Nous avions déjà échangé par mail mais suite à un souci de mon téléphone je ne retrouve plus ton adresse alors si tu voulais bien avoir l’obligeance de me joindre via la mienne pour que je t’écrive j’en serais heureuse.
            Amicalement,
            Galathee.

  2. Bonjour sakura. On se connais pas, mais je vous lis avec plaisir depuis quelques mois, merci pour ce blog, vos articles m’apportent beaucoup. Je suis désolée de ce qui vous arrive, je vous envoie tout mon soutien. En espérant que pour V/vous la situation puisse s’arranger.
    Soumise Éva

    • Bonjour Eva

      Dans un premier temps, merci de me lire et de N/nous suivre ici.
      Je suis ravie de savoir que mes écrits peuvent être en mesure d’aider…

      Ensuite merci beaucoup de votre soutien.
      Je n’ai aucun pouvoir divinatoire sur ce que N/nous réserve l’avenir… J’aimerai.
      Les choses vont changer c’est une évidence. Comment ? Je ne sais pas. Drastique ou non ? Je ne sais pas.

      C’est surtout ça qui est difficile à gérer.. Ce sentiment que rien ne dépend de moi et que quoi que je puisse faire, je n’ai simplement aucun pouvoir de faire en sorte que tout aille pour le mieux pour chacun de N/nous…

      Au plaisir de vous lire à nouveau ici.

      Bien à vous,

      Sakura

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