Séance du 28/09/2017 : De sortie.

Miracle.

Pour une fois je réussi à être à l’heure, même en avance, à Sa grande surprise. Et la mienne aussi je dois dire. Mais j’avais fait en sorte que cela soit possible pour une fois.

Je pousse la porte et m’installe à ma place, sur mon tapis. L’attente. Ce moment où glisse en moi ces millions de ressentis, de questions : Me regarde-t-Il? Que me réserve-t-Il? Qu’aime-t-Il en moi? Que se passe-t-il là, dans Sa tête, à cet instant précis? Aime-t-Il mon corps? Mon âme? Ma façon d’être? Comment puis-je qualifier N/nos « sentiments »? ou encore simplement suis-je une bonne soumise? Suis-je à la hauteur de Ses attentes? Lui suis-je essentielle? Ou juste une parmi d’autres?

Parfois j’aimerai ne plus penser, ne plus entendre cette voix dans ma tête qui m’épuise, qui me fait douter, me remettre en question. Et je n’arrive pas à voir les réponses, je n’arrive pas à lire en Lui. Ce lien qui pourtant est réel en séance, je ne le ressens désormais presque pas en dehors. Que s’est-il passé? Qu’ai-je fais pour qu’il y ait cette distance aujourd’hui? oh, je sais bien car on me l’a expliqué en long, en large et en travers que mes sentiments sont la source de mes nombreuses questions, un frein à ma soumission.  Je me suis autorisée à L’aimer, Lui, l’homme et le Maître. Partant de ce que je ressentais déjà il y a 7 ans, et en y ajoutant N/notre relation D/s aujourd’hui. Il le sait.

J’en conclus que si je veux progresser, il me faut tuer la femme amoureuse et ne laisser que la soumise à Ses pieds. Anéantir ce sentiment qu’Il est Le seul à avoir fait naître. Mais vais-je seulement y arriver? J’ai tellement peur de m’éteindre…

Alors je suis là, et j’attends, sur mon tapis. Avec ces sentiments de légère angoisse, d’appréhension, mêlés à un désir profond de Le satisfaire en tout, de Le rendre fier. Il m’est essentiel, vital.

Les minutes flottent, s’enroulent autours de moi. Ma respiration se fait saccadée, mon cœur bat légèrement fort dans ma poitrine, et je m’enivre de cet instant.

Un claquement de doigts, Son signal. Sa petite chienne vient se glisser à quatre pattes à Ses pieds. Je m’incline humblement, baisant chacune de Ses chevilles. Sa main vient se poser sur mon cou, me caresse, et me relève en douceur. Ses lèvres viennent goûter les miennes…. et je me liquéfie intérieurement. Je me nourris de Lui, de Sa bouche, de Ses petits pincements de lèvres, de la douceur et de la force de Ses baisers. Sa main appuyant toujours sur mon cou. Je me sens Sienne, juste par Sa main, juste par Ses lèvres.

Il me repousse doucement, mettant fin à ce tendre échange , et me regarde fixement:

 » Tu te rappelles comment j’aime regarder ma série? »

En effet, étant arrivée à l’heure, Il a pour habitude de regarder Sa série télévisée, normalement ma bouche autours de Sa queue. Mais Sa position, le buste en avant, les coudes sur les genoux ne m’y invite pas. Je doute, j’hésite. Je cherche à me rassurer.

« Et bien? qu’attends-tu? »

Je tente de me rapprocher, Il ne bouge pas. Je recule à nouveau, interrogative dans mon regard. Ai-je oublié quelque chose? Et je cherche en moi la réponse.

« Tu as oublié? »

« Non mon Maître… Mais je… »

« Alors qu’attends-tu? »

Je reviens vers Lui et réussi à glisser mes mains jusqu’à la braguette de Son pantalon, qu’Il m’aide à faire glisser le long de Ses jambes, libérant ainsi ma friandise.

Je commence par doucement glisser ma langue de la base de sa queue vers son gland. Ma langue vient glisser tout autours: je ne résiste pas. Ma bouche gourmande s’empare de Son membre et vient le goûter avec un appétit féroce. Sa queue me nourrit, autant l’âme que le corps qui tremble de plaisir. Elle m’excite à outrance. Mon corps s’embrase à chacun de mes vas et vient sur Son membre tendu. Je m’applique à le lécher, à le sucer, avec plaisir et délectation.
Son goût subtilement salé et onctueux vient remplir ma salive. Ma bouche se fait liquide, humide tel je suppose mon antre au même instant.
Ses mots glissent à mon oreille comme une caresse :

« Huuummm c’est bien, tu t’appliques!  » Je le sens satisfait. Et c’est à cet instant tout ce que je souhaite. Son plaisir. Alors je reprends de plus belle, ma main venant l’enserrer un peu plus fortement, mon pouce glissant sur son frein, ma bouche l’aspirant et ma langue l’entourant.

Il m’interrompt, me redresse le visage vers Lui. J’imagine facilement que les quelques gorges profondes que j’ai tentées ont du faire couler mon maquillage, et que je dois avoir la bouche légèrement baveuse à cet instant… Mais cela m’importe peu. Son regard dans le mien, Il me fait savoir qu’Il veut jouir dans ma bouche. J’en suis toute excitée. Le recevoir ainsi, dans ma bouche, dans ma gorge. Faire glisser en moi son nectar précieux, dont je me délecte rarement… une promesse de cadeau que je m’empresse de vouloir obtenir.

Je reprends mes gestes, surprise de m’entendre gémir tellement j’y prends plaisir. Gémissements qu’Il entend et qu’Il relève d’une petite phrase:

« Mais c’est que tu aimes ça en plus! »

Toute appliquée à ma tâche, je ne relâche rien. Ni le rythme, ni mes coups de langue… Mais je sens bien que je n’y arrive pas. Je reprends. Encore plus vite, légèrement plus fort. Je tente de m’appliquer. Mais Il finit par m’interrompre.
Et un sentiment de honte immense m’envahie. je suis une incapable. Je ne suis pas à la hauteur de Ses demandes. Point de jouissance. Point de nectar venant se délivrer dans ma bouche.  Et dans mon esprit viennent se glisser ces mots : inapte, incompétente, maladroite, médiocre, incompétente, nulle… le petit Larousse des synonymes prend possession de mon esprit. Moi qui pensait pouvoir réussir, une fois de plus, je ne me montre pas à la hauteur.

« Va te débarbouiller et te servir un verre de vin »

Je file à quatre pattes à la salle de bain, et mon reflet dans le miroir ne rend pas justice à mes efforts. Mon maquillage a glissé sous mes yeux, je suis rougie… et j’ai une furieuse envie de me gifler tant je me sens honteuse de mon incapacité.

Je le rejoins, mon verre à la main, et reprends place sur mon tapis. N/nous trinquons et je me désaltère d’une gorgée de vin blanc qui me reste un peu en travers de la gorge. ce n’est pas ce que j’aurais souhaité boire.

« Retire ton string »

Je m’exécute. Sa main vient glisser entre mes jambes écartées. Je sens Ses doigts glisser sur mon antre trempée.

« On dirait que ça t’a plu non? Tu as aimé? »

« Oui » Bien évidemment que j’ai aimé. Mais j’aurais aimé pouvoir finir correctement ce que Vous m’aviez demandé. Je baisse les yeux.

« Oui quoi!!!! »

« Oui mon Maître, j’ai aimé Vous sucer. Merci mon Maître »

Puis N/nous parlons. De mon entrevue de mardi avec Mlle A, des sujets abordés. A savoir mes sentiments pour Lui, les problèmes que je rencontre dans ma vie vanille avec mon époux distant depuis un peu plus de 2 ans. Et Il me fait comprendre de la nécessité pour N/notre équilibre que ma vie vanille doit être plus épanouie. Que même si mes sentiments pour Lui sont ce qu’ils sont, je dois apprendre à me contenter de la tendresse de mon époux, et savoir profiter du reste avec Lui.

Je me sens rejetée. Repoussée. Encore mes sentiments source de tous mes problèmes. Pas de mes problèmes de couple attention : j’aime mon époux. Avec douceur. Il est mon ami, mon complice, en beaucoup de point mon confident. Mais N/notre couple connait une période difficile où le rôle de parents a prit le dessus sur le couple. Les moments de folies sont devenus rares, et faire l’amour avec Lui fait l’objet de dates dans le calendrier. Malgré un jeu de séduction que je mets en place autant que possible, je n’obtiens que rarement des résultats.
Donc voilà où j’en suis: un époux qui ne me désire plus, un Maître qui me repousse. Je sens mon amour rejeté de toute part. Je suis là, à genoux, le cœur en offrande, et personne n’en veut.  Et c’est extrêmement douloureux.
Je ne demande pas à mon Maître de vivre avec Lui. Je suis mariée et entends bien faire mon maximum pour rallumer le feu du désir de mon époux. Et je respecte la vie vanille de mon Maître également. Cette notion je l’ai comprise assez tôt, puisqu’Il me l’avait déjà bien fait comprendre dès le début. Non…. je voudrais seulement savoir si mes sentiments ont une quelconque utilité. Et au jour d’aujourd’hui je dois dire que je les vois plus comme un frein, comme un handicap plutôt que quelque chose servant N/notre relation.
L’aimer c’est attendre qu’Il m’aime en retour d’une certaine façon. Et j’ai bien compris que je ne dois rien attendre de tel. Pourtant Il me dit que l’Amour a une grande place dans N/notre relation. Le mien surement, car c’est à lui, et donc indirectement à Lui aussi, que je dois d’être celle que je suis devenue. Mais mon Maître ne me livre rien de Lui. Il est fier de moi, Il me le dit. Voilà ce à quoi je dois me rattacher: N/nos séances. Ne pas pouvoir lire en Lui, Le comprendre, ne pas savoir, en dehors de N/nos séances, est un frein pour moi. Mon sentiment amoureux est devenu ma limite. Je ne vois pas en quoi je Lui suis nécessaire, je ne vois pas en quoi je Lui suis importante. Je me sens une parmi les autres. N/nos échanges quotidien sont devenus ceux qu’Il souhaite: en tant que Maître, il garde Ses distances. Il est bref, peu enclin aux démonstrations quelles quelles soient. Sauf quand il s’agit de me recadrer, de me remettre à ma place. Là oui, Il est là, mais toujours avec cette froideur qui me blesse.

Donc, j’en déduis que ce sentiment amoureux n’a tout simplement pas sa place ici dans N/notre relation. Qu’il me faut réussir à le faire taire, et ne rien attendre de plus que ce qu’il m’est donné d’avoir en séance et hors séance. Cela doit être la seule chose dont je dois me nourrir. La femme n’a aucune place dans la relation D/s. Seule la soumise compte. Je dois réussir à dissocier les deux.

Je fais donc cette rapide analyse lorsqu’Il me demande d’enlever ma robe et de préparer le repas. Je m’exécute. effectuant quelques aller et retour entre mon tapis et la cuisine, N/nous poursuivons N/notre conversation, partant sur des sujets plus légers. J’essaie de ne plus penser à rien d’autre que de profiter de l’instant présent.

Après le dîner, je reprends place à Ses pieds, sur mon tapis. Sa main vient se glisser entre mes cuisses, et Ses doigts viennent jouer avec mon bouton de plaisir. Profitez de l’instant. Ne plus penser. Je me vide l’esprit de mes récentes réflexion pour jouir pleinement de ce moment offert par le doigté délicieux de mon Maître. Et je sens doucement monter cette vague dans le creux de mes reins. Mon corps se glisse sur Ses gestes précis, mes hanches se cambrent cherchant le « toujours plus », ma respiration s’accélère, une douce chaleur m’envahie, je suis jouissante, et je ne sais pas si je peux jouir. Mais il continue, avec précision, mon bouton prêt à exploser entre Ses doigts. Je gémis, de plus en plus fort, et finalement je ne retiens plus mon orgasme. Il m’inonde. Mon Maître me fait l’offrande d’un plaisir égoïste, alors que je n’ai pas été en mesure d’assouvir le Sien. A nouveau ce sentiment de honte qui me submerge.

Pas encore remise, Il me demande de me relever, et de mettre ma veste. Je l’enfile et viens me placer à Ses pieds comme Il me le demande. Clic clac, un cliché de plus pour N/notre album photos.
Il me demande de remettre ma robe, et m’y aide. La fermeture éclair est inaccessible pour moi dans le dos.

« Va chercher la voiture »

Donc, N/nous sortons. Je gare la voiture, et attends qu’Il me rejoigne. Il m’indique la route, et au vu du chemin, je me doute de la destination. La rhumerie où N/nous avons déjà été par deux fois.

Contrairement à d’habitude, il y a du monde. N/nous entrons, et je sens sur moi le regard des hommes et des femmes: intrigués, pour certains désireux ou envieux, pour d’autres critiques. Mais N/nous ne passons inaperçus c’est évident.

N/nous prenons un verre de rhum arrangé (j’avoue le rhum est mon péché mignon!) et je constate que ce soir, c’est soirée karaoké. J’espère, mais je me doute qu’Il n’y résistera pas, ne pas avoir à effectuer de performance au micro.

Là dessus, une femme s’approche de N/nous, et me propose de chanter avec elle. Bien évidemment, je ne peux pas y couper. Et sortant d’une crève de plusieurs jours, j’espère ne pas trop me ridiculiser…Sourire.
A l’issue, elle me demande d’en chanter une autre avec elle. Nous en trouvons une. Je sais qu’Il aime les chansons françaises, donc j’axe la recherche dessus. Une fois le choix fait, elle me demande mon prénom pour l’inscrire sur le papier… Vieux réflexe que j’aurai voulu ne pas avoir, j’ai donné mon prénom au lieu de celui que mon Maître m’a donné. Je corrige dès que possible, mais Il l’a vu et entendu, et je me sens stupide de cette erreur.

J’en profite pour sortir prendre l’air, et fumer une cigarette. Je vais pour prendre ma veste, mais Il m’en empèche, me préférant surement voir sortir avec juste ma petite robe, et mon collier bien en vue.
Je prends place dehors à une table, seule. Un homme d’âge mur se joint à moi, et s’installe juste en face. Il me regarde, fixant mon collier et me demande:

 » La laisse, c’est toi qui la met ou quelqu’un te la place? »

« Mon Maître me la place monsieur » Je ne baisse pas les yeux, je n’ai aucunement honte de ma condition, j’en suis même plutôt fière. Mais j’avoue qu’à cet instant je suis extrêmement troublée. C’est la première fois qu’un inconnu vient me parler de mon statut de soumise et qui plus est, dans un lieu public. Un homme intrigué se rapproche de notre table et écoute la conversation, rapidement suivi par un petit groupe de femmes.

 » Bondage aussi? »

« Oui monsieur »

« Masochisme? »

« Oui monsieur »

« Donc le vrai BDSM? Avez-vous des lieux de pratique ici?  »

« Pas à ma connaissance monsieur »

Et je réponds à ses questions quand à N/nos pratiques, sans donner de détails non plus, je ne le connais pas et j’ai le sentiment qu’il me faut rester vigilante.

Il finit par me dire que Celui qui tient la laisse a beaucoup de chance et qu’Il doit « être sacrément couillu »! Je souris, incertaine de ce qu’il entend par là, je lui demande de bien vouloir expliquer.

 » Il doit être ferme, autoritaire, et physiquement en forme » m’explique-t-il,avec un sourire malicieux.

« Il l’est monsieur »

Je me lève et m’excuse afin de rejoindre mon Maître à l’intérieur.

Mon tour de chanter arrive, et je pars sur la piste, le micro à la main accompagnée de mon amie d’ infortune. Sourire.

Dalida : Il venait d’avoir 18 ans. Nous commençons à chanter quand mon Maître me rejoint. Petit duo improvisé, et j’avoue, j’ai adoré ce moment. Sa façon de me prendre par la taille, de glisser contre moi, j’en ai du mal à me concentrer sur les paroles. Je suis à la fois extrêmement bien, et tout autant surprise… profiter de l’instant et rien de plus.

A l’issue, Il m’indique que N/nous rentrons. Je prends ma veste, et N/nous N/nous dirigeons vers la sortie. N/nous traversons la rue en direction du parking.

« A genoux »

Sans réfléchir je me place à Ses pieds, et j’entends le bruit distinct de la laisse. je lève la tête afin de Lui présenter mon collier. Il me la place et me guide ainsi jusqu’à la voiture.
N/nous arrivons sur le parking devant chez Lui. Je descends, et à nouveau mon Maître me replace ma laisse. N/nous ne rentrons pas directement. Une petite balade nocturne improvisée, dans les petites rues de Sa ville. Un homme arrive en sens inverse, et je sens mon cœur battre plus fort dans ma poitrine. je ne saurais dire s’il N/nous a vu.
Mon Maitre me fait alors prendre place sur un espace vert:

« A genoux »

Le sol est humide, et je ne doute pas de la probabilité de me salir les bas, mais je n’y réfléchis pas plus d’un millième de seconde que je suis déjà à genoux dans l’herbe, comme un peu plus tôt, à genoux sur le bitume.

« Tourne la tête »

Je sais qu’Il m’observe et songe qu’Il va immortaliser ce moment. Clic Clac, en effet, une de plus à ajouter à N/notre album. Sourire.

Mon Maitre m’aide à descendre du terre plein en me portant dans Ses bras, et me guide jusqu’à Sa porte. N/nous entrons. Il me tourne vers Lui et me regarde droit dans les yeux:

« Je suis très fier de toi »

Me raccrocher à ça. A Sa fierté. Et ne rien attendre de plus.

N/nous remontons : je me rhabille complètement, je prends le temps de fumer une dernière cigarette en Sa compagnie, puis Il me raccompagne, me dépose un léger baiser sur les lèvres et je prends la route du retour.

Sur le chemin du retour je repense à la soirée: j’en ai aimé chaque instant, peu habituels. Le côté exhibition. Une séance différente certes, mais pas pour autant moins agréable. Loin de là !

La seule chose qui me pèse est cette mise au point, ce recadrage: mes sentiments…. et à cet instant précis, je me déteste de l’aimer tant.

 

 

Une réflexion au sujet de « Séance du 28/09/2017 : De sortie. »

  1. Encore une fois Sakura je vous tire mon chapeau pour se magnifique récit.

    Ce voyage nous emmène encore plus profondément dans le cœur de votre âme et cela n’en est que plus troublant et poignant.
    Je vous remercie humblement pour se magnifique voyage Sakura.

    Prenez soin de vous et continuez sur cette voie elle est faite pour vous

    Respectueusement
    Maître G1

Laisser un commentaire