14/01/2019 : Quand la nature me laisse un message….


« Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe rien.
Puis, il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde » – Jean d’Ormesson.

Aujourd’hui j’ai la plume un peu sauvage, elle titille, elle démange… Je lis, je me relis aussi… Parfois avec difficulté, prise entre le flot de mes émotions vécues, passées, et celles latentes, suspendues, en attente.
Je relis mes mots, puis mes maux.
Je vois mes blessures, mes cicatrices… soignées, pansées, léchées depuis tout ce temps.

Je me vois moi …il y a 2 ans, il y a un an. Et puis moi aujourd’hui.
Je N/nous vois Nous, au travers de ce temps qui glisse et ne semble pas N/nous flétrir.

Sakura… Cette jeune pousse qui a fleuri, qui doucement a ouvert ses pétales, s’est épanouie sous les rayons ardant de Celui qui la chauffe, l’échauffe, la fait croître et grandir.

Toutes ces choses qui ont fait de moi mon aujourd’hui. Ces jours passés qui ne se ressemblent pas, ceux à venir qui leur ressemblent moins encore.

Et ce matin, j’étais dehors, prise dans les frimas glacés de l’hiver, m’hasardant au détours de bois et de chemins, l’esprit ici et ailleurs à la fois. Il pleuvait, un peu. Un léger crachin diffus, juste suffisant pour faire briller les quelques feuilles survivantes de l’hiver, ou les brins d’herbes crissant parfois encore sous mes pieds à l’ombre du matin encore frais.

Ce matin, je frissonnais d’être déjà dehors, le cœur un peu chargé de mélancolie. Hiver et grisaille d’âme sont souvent synonyme, j’avoue.

Un état d’âme un peu lourd, tout comme mes pas sur le sol humide.
Ma vie est faîte de mots, que je vous glisse ici, ou que je Lui glisse à Lui, ailleurs.

Les Siens, les miens. Et ceux des A/autres aussi: L’œil critique, bon ou mauvais, la voie du conseil, qui se veut protecteur.
Je lis Ses quelques mots, parfois brefs et silencieux.
Les miens sans doute un peu trop long, ou trop fréquent… sourire.

J’ai mes propres blessures d’âme, mes propres cicatrices. Et toute prise à ma balade hivernale et matinale, j’ai repensé à toutes ces choses, tous ces moments, toutes ces épreuves, ces jours passés. Et à tout ce qui en découle aujourd’hui.

J’aime mes cicatrices, celles où je glisse en souvenir, ces fêlures où l’eau perle, suivant parfois le trajet de ma peau marquée par le temps.
J’aime ce qui est mur, mature, mûri et auprès des quels j’en retire des certitudes ou des doutes, des inquiétudes aussi, mais qui bâtit les êtres au travers de leurs expériences.
J’aime cette lassitude du temps perdu qui laisse peu à peu place à la plénitude du temps présent.

J’aime aussi ce qui est à venir, jeune, hardi de confiance, assuré, mais se rassurant sans cesse, espérant sans cesse et pour qui rien n’est impossible.
J’aime ce qui grandit sur l’an passé, ceux qui croient aux temps passés., et au temps qui passe. Ces temps passés et ces pas assez de temps pourtant.
J’aime aussi ce qui germe, ce qui naît…. Ce qui évolue, qui change, qui se meut en de nouvelles choses.
J’aime les premières fois, les nouvelles voix, les nouvelles fois et les nouvelles voies.

Je m’essaie tous les jours à cette conjugaison du verbe aimer sur le perpétuel brouillon de ma vie en chantier.
Aimer n’est pas une punition.
C’est un choix de vie.
Et c’est le mien.

Bien évidemment, il comprend son lot de difficultés, d’épreuves, de choix à faire.
C’est un travail quotidien, qui demande beaucoup de patience, de tolérance et d’endurance.

Tout ceci sans aucune garantie que demain sera différent d’hier ou d’aujourd’hui.
Je ne me berce de rien. Ni illusion, ni rêve.
Je ne regrette rien non plus.
Cela ne veut pas pour autant dire que je n’ai plus d’espoir non plus, et heureusement.

Et mon âme repart se promener dans ces bois humides, où s’entremêlent les arbres aux silhouettes noueuses, torturées, décharnées. Où les lierres épais s’enroulent et s’enlacent autours de deux arbres que l’on pourrait croire morts, tant leurs branches sont dénuées de feuilles et semblent crier au ciel qu’ils veulent se réchauffer.
Je m’approche de ce lierre, l’effleure du bout des doigts, tant il me semble lier l’âme de ces deux troncs enchevêtrés, ancrés l’un à l’autre… Et je souris, devant ce que demain promet.

Il bourgeonne déjà.

Qu’importe la taille du tronc, qu’importe l’épaisseur du feuillage tant que les racines sont solides.

5 réflexions au sujet de « 14/01/2019 : Quand la nature me laisse un message…. »

  1. Bonjour Sakura, garder toujours l’espoir au fond de soi, en soi….c’est cela qui fait vivre, sourire et continuer le chemin où qu’il nous mène.
    Bises tendres.

    • Bonsoir Galathee

      Je garde confiance nul doute en ça
      Mon chemin et le Sien sont encore tracé sur le même sol et nos pas sont toujours très proche l’un de l’autre .. Nous avançons progressivement… Vers où ? Aucune idée… Mais en même temps ce n’est pas la destination qui compte, mais le voyage réalisé ensemble ..

      Belle nuit à toi
      Je t’embrasse

  2. Ton texte me parle beaucoup surtout en ce moment ou je remets beaucoup de choses en question, et moi aussi j’ai cet esprit de ne jamais rien regretter, ni le bon, ni le mauvais, Bien que le bonheur m’était à porter j’ai décider de lui tourner le dos et essayer une autre façons de vivre. je m’aperçois. qu’il faut peut être cultivée ce qu’on a. Merci de nous faire lire tes pensées car ton texte me parle. Bonne continuation, j’espère que tu vas bien. 💕💕 Calou

    • Bonsoir.Calou

      Il est vrai que l’on sait ce que l’on a, ce que l’on prend le risque de perdre .. Sans avoir non plus aucune certitude sur ce que l’on aura à trouver après
      Pour certain c’est un choix à faire, et ça a été le vôtre
      Je n’estime pas avoir de choix à faire
      Mon choix est fait depuis longtemps
      J’ai choisi de le servir, j’ai choisi de me donner à Lui .. Mais j’ai aussi choisi de l’aimer Lui

      Pourquoi aujourd’hui face à une difficulté devrais je choisir de partir plutôt que de rester Non C’est une évidence pour moi ..  » deux troncs qui s’enlacent  » chacun supportant les poids et peines de l’autre… En équilibre
      Être ensemble signifie cela aussi.

      J’espère que vous trouverez votre bonheur sur le chemin que vous avez choisi.

      Sincèrement

      • Merci, je le vois dans vos écrit tout l’amour et le respect qui vous lies, j’en suis heureuse pour vous, Moi je me pose pour pouvoir bien envisager l’avenir, J’espère que les soucis s’adoucirons pour vous deux. Amitié.

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