N/Nos retrouvailles Partie II : Mlle S

 

“Ce qu’on risque révèle ce qu’on vaut.” – Jeanette Winterson

 

Que je revienne un peu en amont de quelques jours… nous sommes le samedi avant N/nos retrouvailles. Je suis bien évidement secouée par l’annonce qui m’a été faite quelques jours auparavant, et, une de mes connaissances me propose d’aller boire un verre suite aux récents événements survenus dans sa vie, dont elle veut me parler. Je profite de l’occasion pour me changer les idées.

Nous nous retrouvons dans un bar lounge, au crépuscule du soir, autour d’un verre, et entamons les banalités d’usage. Nous nous connaissons suffisamment l’une et l’autre pour en venir à l’essentiel très vite:  Mlle S m’explique son célibat nouvellement retrouvé, les raisons qui l’y ont poussées, ce que cela change en elle. Plus libre, plus femme, plus sûre, moins dépendante… J’aime voir son côté épanouie mais je sais aussi les difficultés qui sont les siennes à pouvoir gérer tout cela.
Elle m’explique ses quelques rencontres… de la plus romantique à la plus étrange… et c’est sur cette dernière que mon esprit fait tilt

En effet, la plus étrange de ses rencontres est un homme à fort caractère dominant, qui lui impose quelques jeux en journée, qui l’invite au vouvoiement….elle titille mon intérêt sur ce sujet… et nous voilà prise dans une conversation sur le sujet des relations D/s, où je lui apparais comme quelqu’un qui semble maîtriser son sujet.
Trêve de tergiversations: je connais mon sujet, car je vis ce genre de relation avec mon Maître et je le lui explique ouvertement et sans pudeur, avec douceur et bienveillance

Elle demande quelques détails, et semble intriguée et fascinée par cette relation toute particulière. Je le comprends tout à fait.

Nous voilà donc à parler de tout cela, parlant de notre sexualité, de nos désirs inavoués ou inavouables. Nous rappelant de certaines choses dites quelques années auparavant telles que son souhait de pouvoir un jour, je la cite « essayer avec une femme »… Elle m’explique qu’elle apprécierait beaucoup pouvoir le découvrir avec moi, bien qu’elle ne se voit pas active, mais passive.

Oh…je ne vous ai pas encore décrit la jolie demoiselle? Elle a un physique des plus charmants, des formes rondes et généreuses mais point trop, juste ce qu’il  faut pour susciter le regard et l’envie. J’avoue particulièrement bader sa majestueuse poitrine ( oui j’aime les poitrines généreuses!! Sourires).
Et puis, il y a sa fraîcheur, son naturel, sa douceur, sa franchise et sa sincérité.

Toutes ces petites choses qui font d’elle une femme, et à mes yeux, une femme de valeur.

Au travers de notre conversation ce soir là, je lui propose de N/nous rencontrer tous les 3, avec mon Maître, afin que N/nous puissions lui expliquer en quoi consiste ce type de relation D/s. Elle aurait donc ma vision de soumise, et celle de mon Maître.
La coquine ne manque pas de me dire qu’elle aimerait assister à une séance ( et pourquoi pas peut-être y participer…).

Avec son accord, et donc à sa demande, je propose d’en parler avec mon Maître, ce que je fais un peu plus tard dans la soirée.
Voilà un petit quelque chose qui devrait sans aucun doute changer les idées de mon Maître (et les miennes) et N/nous permettre une nouvelle expérience qui pourrait s’avérer enrichissante.

Dans les jours qui ont suivi, j’ai mis en place une conversation à trois où N/nous pouvions ainsi faire connaissance, et voir quelles étaient les attentes de chacun de N/nous.
Mon Maître demanda à Mlle S de se présenter… A la lecture de sa présentation, je suis restée sans voix! Non seulement sa plume était des plus agréables à lire… mais je pouvais y voir en elle un désir de découverte et d’expériences D/s très vif et à vrai dire…. un très beau potentiel de soumission. Ce que je lui soulignais en aparté de notre conversation triangulaire, lui indiquant que si ce chemin l’attirait vraiment je serais à ses côtés pour la guider et répondre à toutes ses questions.

Mon Maître ayant lui aussi décelé ce potentiel naissant, Il a voulu savoir, je suppose, jusqu’où Il pourrait la mener … doucement, Il l’a invitée à N/nous faire part de ses tenues vestimentaires, puis à N/nous montrer les plus sexy qu’elle pourrait porter au travail, pour finalement en choisir une pour elle. La lecture de leurs échanges me faisait sourire et me renvoyait à mes débuts, à ma découverte, à cette emprise qu’Il a su si rapidement installer envers moi. Les émotions vécues il y a bientôt deux ans me revenaient en boomerang, et, bien qu’extrêmement agréable, elles restaient toutefois minées par ce futur incertain toujours très présent dans mon esprit. Mais je chassais ces idées négatives d’un revers de la main afin de ne profiter que de l’instant et du plaisir à venir que pouvait N/nous offrir la possibilité de cette rencontre.

J’étais dans un état d’esprit de partage, d’envies de découvertes et aussi, ce côté initiatrice de la chose me plaisait beaucoup. Comme un cadeau que je N/nous faisais, à chacun de N/nous 3.

Puis, sont arrivés N/nos retrouvailles, l’annonce « officielle » du problème, qui m’a beaucoup déstabilisée, et encore plus mon Maître. Il y a eu ce même mardi soir, où, en visite dans Sa ville de façon furtive pour un ajustage de costume, je terminais assez tôt, et son humeur maussade me fit Lui proposer de venir le retrouver pour Lui changer les idées. J’ai obtenu un refus, sauf s’Il pouvait rencontrer Mlle S avec moi ce soir là. Mlle S n’étant pas disponible, je suis donc rentrée chez moi, avec en moi le sentiment d’être insuffisante ou inutile. Blessée dans mon amour propre. Je revoyais alors un vieux schéma poindre à nouveau, et ce n’était pas pour me rassurer. Du tout.

Le lendemain, la conversation commune fut riche d’échanges, et de petits défis relevés avec brio par la demoiselle. Dans la soirée, les échanges se sont tournés vers une rencontre possible. Le lendemain midi. Sauf que je n’étais pas disponible. Elle aurait donc lieu sans moi. Si cela m’a agacé ? oui. Je souhaitais vraiment pouvoir concrétiser ensemble cette rencontre, cette découverte. Là, je me suis sentie mise à l’écart.
N’allez pas comprendre dans mes mots un quelconque sentiment de jalousie. Je connais mon Maître, Son mode de fonctionnement. Je sais aussi ma valeur à Ses yeux, ainsi que l’amour qu’Il me porte. Je sais aussi qu’à cet instant précis, Son besoin de penser à autre chose a du prendre le dessus sur le reste. Enfin, c’est en tout cas comme ça que je me l’explique.

Ce soir là, j’avais juste le sentiment d’être à nouveau mise de côté. J’avais le sentiment de n’avoir aucune importance dans le jeu que j’avais mis en place moi-même. J’étais l’instigatrice, mais ne pouvait pas participer.. Extrêmement frustrant.

Et… bien qu’ayant essayé de me rassurer tout au long de la soirée… le lendemain fut la plus belle des blessures infligées: j’attendais de Sa part un simple message Lui permettant de s’enquérir de mon état d’esprit avant que d’aller la rencontrer. Lui permettant de se rassurer sur ce que je pouvais ressentir. Ce qui m’aurait permis également de voir qu’Il s’inquiétait à minima me concernant.
Mais je n’en eu aucun.
Le seul message que je reçu en dehors de N/nos échanges de salutations au matin, fut celui de 13h: « Je suis bien rentré ».
Aucun détail, aucune explication non plus. Je les ai eu par Mlle S, j’aurai voulu connaitre Son ressenti à Lui, qu’Il me le partage également.

J’avoue qu’au vu de mon état déjà limite en matière de nervosité ces derniers jours, la colère a largement pris le dessus! J’étais hors de moi, j’ai eu le sentiment de n’avoir aucun rôle à jouer, d’être mise à l’écart et je me suis sentie humiliée.

Qui plus est, la précipitation des événements, le fait que je ne sois pas présente non plus, n’a pas aidé à rassurer Mlle S, qui a finalement rebroussé chemin dans son envie de N/nous rencontrer. « Je ne suis pas encore prête ».
J’ai longuement échangé avec elle, la conseillant et la guidant toujours au mieux. Je suis toujours en contact à ce jour, fort heureusement.

Le soir venu, je devais retrouver mon Maître…. et comment Vous expliquer qu’entre tout, entre ce qu’il venait de se passer ce jour, l’annonce de Mardi, N/nos retrouvailles écourtées, voir gâchées, la peur de N/notre avenir commun, mon manque de séance qui me brûlait le corps….. C’est une soumise rebelle, indisciplinée et révoltée qui s’est présentée à Lui. Et sincèrement avec le recul .. C’est pas joli à voir !

Comble de malchance, au moment de me préparer dans la salle de bain, en glissant mon collier à mon cou face au miroir… Mon anneau s’est défait de son attache et la dite attache a terminé sa course dans le syphon du lavabo… Entre ça et mon autre collier où la clé s’est brisée… J’étais à deux doigts de m’effondrer. Ça faisait beaucoup de choses à gérer… Et j’imaginais alors qu’il pouvait s’agir d’un signe…

Je me suis installée sur mon tapis, et Il m’a sentie assez agitée. J’ai du expliquer pour l’attache du collier perdue.

Il m’a faite venir le saluer .. Mais je pense que l’on pouvait facilement sentir les humeurs et tourments qui me traversaient l’esprit. Inutile de chercher à les cacher ou les dominer.

« Qu’y a-t-il ? Explique moi « 

« Je suis en colère…  »

 » Rien que ça ? « 

J’ai exprimé mes ressentis, j’ai justifié ma colère. Éveillant incompréhension et impossibilité d’échanger sur le sujet…Il s’est fermé. J’ai appris au fil du temps que cette  » fermeture  » n’est pas définitive. Elle est Sa façon de garder le contrôle à un moment où raison et émotions ne sont plus raccord.

Je découvrais également de quoi retournait Son désir : l’envie toujours de me faire prendre une sœur de soumission. N/nous y revoilà donc.
L’idée en soit ne m’effraie plus de la même façon qu’auparavant. Mais comment pouvons N/nous l’envisager actuellement, tant demain est incertain?
Et comment pourrais-je aborder cela sereinement si je ne peux m’exprimer librement sur mes ressentis sans qu’Il ne se ferme à mes mots, mes peurs ou autres difficultés que je rencontrerais. Car oui, il y en aura sûrement.

Comment aborder cela si N/nous n’en parlons pas entre N/nous au préalable? Si N/nous ne définissons pas en amont ce que cela changera? Un partage….ce n’est pas rien !

Mais, je dis et je répète: cela ne me fait pas peur tant que cela est bien amené, bien dirigé. Tant que tout est clair et que je sais où je vais. J’ai été éprouvée ces derniers temps, je témoigne d’une certaine force oui, mais aussi d’une nouvelle fragilité émotionnelle qui en découle. Et cela ne doit pas être tenu pour anodin. Cela doit être pris en compte.

Après cet échange quelque peu houleux sur le sujet, mon Maître N/nous a préparé le dîner. Profitant de cet instant je pense pour se recentrer… Revenant vers moi, tantôt d’une caresse, tantôt d’un regard doux et bienveillant. Une façon de me faire comprendre que mon comportement était pardonné peut-être. Mais à cet instant… Arriverais-je à pardonner moi? Je me replie sur moi, me ferme à ce qui N/nous entoure…. ça fait beaucoup de choses en peu de jours. Je ne veux pas non plus me braquer, je ne veux pas d’une reprise sur ce ton négatif. Je lâche donc prise et vaille que vaille,  N/nous verrons ce que cela donne, bien que je reste déterminée à avoir les tenants et aboutissants de ce que sera ce partage de soumission tant dans le déroulement, que toute autre chose auquel cela se rapporte. J’ai réellement besoin d’être éclairée sur ce sujet afin de pouvoir l’aborder le plus sereinement du monde.

N/nous mangeons, et à la fin du repas, N/nous N/nous installons sur le canapé.
Mon désir, mon besoin de séance est toujours en moi. Il est vif, il est douloureux: j’ai besoin de N/nous retrouver, besoin de ce moment où je pourrais lâcher tout contrôle, où je pourrais m’offrir complètement à Lui. Besoin de libérer toutes ces émotions traversées au cours de ces 6 semaines, entre l’absence, le manque, la peur, les doutes sur N/notre avenir… entre ma colère, mon corps qui crie famine à ce besoin de douleur… je ne me reconnais pas. Je me sens bouillir de toutes ces émotions que je n’arrive pas à canaliser .. A gérer.

Je patiente, lovée dans Ses bras… Mais Il s’endort. Il dort profondément. J’aime aussi ces instants plus calme, plus tendres… Mais mon cerveau tourne en boucle. Pourtant je peux comprendre que Son état de fatigue ne Lui permettait pas de m’offrir une séance. Et dans ma tête c’est à nouveau un trop plein d’émotions, de questions… Ironiquement : est-ce que Sa rencontre de ce midi avec Mlle S l’a finalement trop épuisé? Réaliste : Est-ce le cumul de ces derniers jours, émotionnellement trop riche, ou encore difficile à encaisser ?

Voyant l’heure, et sentant mon agacement prendre le dessus, je décide de prendre congés, sans le réveiller. Je me lève, me rhabille, enlevant cette robe qu’Il savait pouvoir arracher s’Il le souhaitait. Retirant mes talons de 16 cm que je souhaitais étrenner ce soir….  Mon dieu…. je fulmine! La colère la tristesse m’envahissent… prise entre le poids de mes besoins et la culpabilité de ce que je ressens devant Celui pour qui rien n’ est facile non plus en ce moment
Je m’en veux, je Lui en veux… Je me sens prise entre deux feux…

Je décide de laisser un mot bref Lui indiquant que j’étais partie.
Arrivée devant la porte… je réalise que je vais devoir le réveiller où Sa porte restera ouverte et je ne le souhaite pas. Je remonte, et le réveille doucement malgré l’état quasi second dans lequel je suis.

Il semble surpris, embêté de s’être endormi. Moi, je ne veux qu’une chose: mettre fin à cette soirée. rentrer chez moi et éteindre mon cerveau. Je vais devoir gérer seule le mélange de toutes ces émotions trop vives… Frustration, honte, colère,, culpabilité et impuissance.

Il me raccompagne. Je pars sans un baiser, sans me retourner… et prend le volant à ma façon… c’est à dire, pas sans risque. J’ai cette petite tendance à passer mes nerfs avec la vitesse. Oui, je sais que ce n’est pas une bonne chose, et mon Maître me l’a reproché. Bien que pour autant…avec le recul…. Il ne m’en ait pas punie pour autant! Rires….

Là où habituellement je mets 25 minutes pour rentrer chez moi…. je mettrais 1h20: de nombreux arrêts afin de me poser, de me calmer, de souffler, de respirer…. tentant de comprendre, d’analyser.
Je n’aime pas être dans cet état d’esprit. Je n’aime pas me sentir aussi instable, comme installée en équilibre sur le bord d’un falaise, prête à tomber au moindre souffle… Et par dessus tout, je n’aime pas être en colère! Ce n’est pas moi!

Les jours qui suivront N/nous permettront de mettre à plat certaines choses. D’autres restent encore à ce jour non évoquées.
Je verrai à les aborder en temps voulu… Mais Il le sait: autant Il peut être difficile de Le faire parler parfois, autant je suis têtue et patiente….Rires.

-+-+-+-+-+-+-+-+-+-+

Mon Maître…. Sachez que Vous avez ce don incroyable de m’apporter autant de bien être que de me faire vriller en un claquement de doigts! L’apanage de la passion sûrement…

Je Vous demande humblement pardon pour mon comportement, pour cette attitude indigne de celle que je sais être ..

Je Vous demande pardon pour la faiblesse dont j’ai fais preuve en ne réussissant pas à Vous offrir ce dont Vous aviez besoin, à savoir le réconfort de ma présence.

Je Vous demande pardon d’avoir laissé ce trop plein de tout m’envahir, sans avoir réussi à le contrôler.

Je Vous demande pardon d’avoir pensé à moi…

Et enfin… Je Vous demande pardon de m’être mise en danger consciemment et par provocation..

Cette semaine n’a pas été non plus des plus faciles à gérer de mon côté  Devant garder ce masque de faux semblant alors que dans ma tête se déroulent plus d’un schéma possible dont certains m’effraient. Mais je ne me sens pas la légitimité de Vous partager mes humeurs, ressentis  peurs ou doute… Quand de Votre côté il y a déjà tant à gérer.

Et voir où cela me mène n’est pas non plus le résultat que j’attends…

A N/nous de trouver le juste milieu donc.

8 réflexions au sujet de « N/Nos retrouvailles Partie II : Mlle S »

  1. Sakura,
    Je viens de lire cet article et je vais juste écrire ceci:
    nous sommes humain(e)s avant tout donc toutes ces émotions ressentis sont normales, aussi bien celles ressentis par toi, que celles de ton Maître.
    Je ne doute pas que tu aies pu verbaliser les tiennes auprès de ton Maitre et que lui aussi s’est confié à toi car c’est cela le ciment d’une relation D/s: la communication.

    Mes salutations respectueuses à ton Maitre.
    Des bises amicales pour toi.
    Galathee

  2. Sakura,
    Je trouve étonnant que dans les situations telles que décrites ici le « maitre » agisse avec autant de légèreté ou d’inconscience ou d’ignorance….

    Plutôt que de se discipliner un peu lui-même afin de s’ouvrir à ses ressentis et les partager il laisse la soumise se culpabiliser et prendre des risques (la conduite reste une activité toujours potentiellement mortelle).

    Le déroulement de la rencontre en vue d’un trio est l’exemple même de ce qui la fera échouer : rencontre sans la première soumise, aucun communication à postériori avec la première soumise, pas étonnant que la deuxième ait refusé – d’autant plus qu’au départ l’attirance première se fait entre elles deux sans lui.

    Soyons positifs : de telles erreurs montrent clairement la voie à suivre : organiser une communication ouverte et non violente. Sans communication pas de relation.

    Et ce n’est pas le texte du 24 septembre où il avoue un traumatisme sans ni l’expliquer ni en partager sincèrement le ressenti personnel (parler de l’autre en l’occurrence flatter sa soumise n’est qu’une esquive dans ce cas) qui permet de percevoir la nature exacte de son engagement envers la relation.

    Un maitre qui esquive ses responsabilités n’a rien d’un maitre. S’il se reprend et tient la barre avec honnêteté et sens de l’engagement concret et décidé, peut être il pourra espérer devenir un maitre un jour.

    Oui la barre est très haute. Mais celui qui l’ignore ne fera que reculer pour mieux échouer (et fera souffrir beaucoup au passage, les fameux dégats collatéraux comme si la soumise n’était pas concernée ! au secours !)

    Un maitre incapable d’exprimer ce qu’il ressent pour le mettre au service de la relation afin de donner de lui et de s’engager est à peine sur la première marche de la « maitrise » et ne mérite pas que quiconque l’appelle maitre. Et si il ne comprends pas cela, il lui reste des montagnes de questions à répondre en lui-même face à lui-même.

    Un maitre qui ne mesure pas sa responsabilité et qui laisse sa soumise culpabiliser pour ses agissements à lui est une personne qui mérite de changer d’attitude parce que rien ne pourra être construit sur de tels mensonges par omission, de telles esquives à la responsabilité.

    Oui il faut être lucide, l’un comme l’autre, pour bien distinguer les risques d’une telle situation.

    Je pense que je vais faire une vidéo sur ce sujet là : jeune maitre & communication (avec soi-même + avec la soumise)

    Bon courage.

    Même si ce n’est pas gagné, ce n’est pas encore perdu pour autant.

    • Bonjour Monsieur.

      Dans un premier temps je souhaite vous remercier de me suivre, et ce, déjà depuis quelques temps.

      Je ne prendrais pas farouchement la défense de mon Maître telle une chienne enragée que je peux être parfois (je tiens malgré tout à Sa majuscule sauf votre respect, car Il est Celui que j’ai choisi comme tel, sauf à ne pas me considérer moi-même comme soumise, mais j’en doute… Sourire).

      La situation décrite ainsi que les ressentis sont ceux d’un instant T.
      Mon Maître n’est peut-être pas parfait aux yeux des convenances et usages du « Milieu BDSM »… Mais au moins Il est perfectible, et Il s’y emploie au regard de ces presque deux années de relation que N/nous avons Lui et moi.
      Beaucoup de progrès pour chacun de N/nous, qui avançons je Vous le rappelle, dans une découverte de la relation longue durée… Pas sans difficultés, pas sans heurts il est vrai.

      Cela n’entache en rien ni mon dévouement, ni Son profond désir de me guider, de me choyer (et je me permets outrageusement de parler en Son nom, sans vouloir manquer de respect ni à Lui, ni à Vous… Il saura me reprendre et me corriger le cas échéant).

      La communication a toujours été une de N/Nos principales difficultés. La seule même qui à mes yeux mérite cet attribut.
      Mais elle évolue, elle s’installe doucement… Elle prend place entre N/nous sous différentes formes. Car il n’y a pas que les mots clairs et conscits qui peuvent aider, rassurer ou guider.
      Il y a aussi les gestes, les preuves, les regards (qui je Vous le rappel, ne peuvent pas mentir… Alors que les mots…. Bref)
      J’ai appris à lire en Lui différemment d’une relation verbale.
      La N/nôtre est différente. Elle n’est peut-être pas conventionnelle, mais elle est consensuelle.

      Je suis une femme de contrôle, de maîtrise… Une forte tête dans ma vie Vanille.
      Et il m’arrive aussi de laisser cette part de moi prendre le dessus sur la soumise que je suis…

      Je ne me sens pas coupable de Ses agissements ou encore de Ses choix.
      La culpabilité que j’éprouve est dans la façon que j’ai parfois de réagir de façon excessive et dans l’insolence qui en découle. Bien que très rare.

      Je ne me dénigre pas. Je sais ma valeur. Je sais celle que je suis, mais je n’oublie pas non plus pour autant à qui je le dois.

      Je comprends de façon légitime votre préoccupation quant à mon bien-être et mon équilibre Monsieur, et je Vous en remercie humblement.
      Mais n’ayez crainte : j’aurai déjà pu rendre mon collier comme on me l’a déjà suggéré à de multiples reprises… Mais j’ai choisi mon Maître, parce qu’Il est Celui que je souhaite au delà de tout autre. Que je suis celle qui se trouve à Ses pieds, celle qui le voit tel qu’Il est vraiment.
      Je pense pouvoir dire aujourd’hui que je Le connais mieux que tant d’autres qui ont fait ou font parti de Sa vie.

      N/nos difficultés sont les N/notres, partagées ici sous le couvert de mes mots et émotions… Sa discrétion Lui appartient quand à Ses interventions ou non ici… Toutefois sachez que ce message qu’Il a laissé hier, sur lequel Vous émettez un jugement qui Vous appartient Monsieur, n’a pas dû être chose facile à écrire pour Lui. S’ouvrir de la sorte n’est pas dans Ses habitudes. En tout cas publiquement.
      Et nul besoin de connaître les détails du problème ou d’exposer publiquement ce que Lui traverse. Sa démarche visait à mon sens à prévenir et expliquer, autant que faire se peut, ce que N/nous allons traverser et qui se repercutera probablement ici afin de s’assurer que je ne sois pas non plus blessée plus qu’il ne suffit déjà.
      J’y vois également d’autres choses mais elles me sont toutes personnelles.

      Je vous remercie sincèrement pour vos encouragements: les jours passent, les choses changent, évoluent… Et N/nous avec. Mais aujourd’hui je sais que mon chemin de vie ne sera jamais très éloigné du Sien. Et que dans chacune de N/nos difficultés N/nous grandiront comme N/nous l’avons toujours fait.

      Belle journée à vous Monsieur
      Respectueusement
      Sakura

      NB: je vous remercierai lors de la parution de votre vidéo de venir m’en faire part. A cet effet, je me permettrait une prise de contact par mail si vous n’y voyez pas d’objection.

      Sakura, soumise protégée et aimée par son Maître.

    • Je vous rejoins en tous points.
      Je lis depuis le début les textes de Sakura que je trouve extrêmement sincères et bien écrits. Loin des discours « tout va bien, tout est merveilleux » qu’on peut lire ailleurs, Sakura nous fait vivre sa condition de soumise avec authenticité.
      Mais… depuis le début, l’attitude de son Maître m’interpelle. Je sais que je vais me faire lyncher en disant ça mais d’après ce qu’il en ressort de ses mots à lui et de ce que peut raconter Sakura, je me demande si je suis la seule personne ici à voir que ce maître a toutes les caractéristiques du pervers narcissique?
      Il n’agit que pour son bien. Et lorsqu’il sent sa soumise douter ou s’éloigner… il sait exactement quoi dire pour la faire revenir à lui (la flatter par exemple…). Il ne semble avoir aucune empathie. Laisser sa soumise dans le doute, la culpabilité, le silence… C’est tout simplement pervers.

      J’ai bien peur chère Sakura que cela explique beaucoup de choses sur votre souffrance. J’espère qu’un jour vous ouvrirez les yeux…

      • Bonjour Monsieur

        Je Vous remercie pour votre tentative de bienveillance à mon attention.
        Je vous rappelle toutefois que les mots que vous trouvez ici sont les miens et ne reflètent qu’une certaine partie visible de N/notre relation. Des instants de vie que je vous partage. Il y a tous ceux, quotidien et invisible pour vous, que vous ne pouvez connaître. De fait votre jugement ne peut être éclairé ou votre avis,, totalement circonstancié.

        Vous jugez mon Maître tel un pervers narcissique au vu de mes écrits .. Dur constat pour moi que de réaliser combien je le néglige et le mésestime dans mes propos alors… Violent même je dois dire.

        Je Vous assure pourtant que ce n’est pas le cas. Non pas que je sois aveuglée par mes sentiments ou ma naïveté non. Je connais les PN pour en avoir côtoyé un presque 4 ans bien que dans un autre cadre qu’une relation D/s. Et toute Maso que je peux être, je ne m’infligerai pas à nouveau telle souffrance.

        N/notre relation D/s n’est peut-être pas conventionnelle car elle ne rentre pas dans un schéma classique ou habituellement rencontré.
        Elle est unique. Elle est la N/notre et elle N/nous convient. Et N/nous n’avons pas à plaire ou convenir aux autres Vous serez d’accord sur ce point je pense…

        Aussi soyez assuré également que je suis très bien entourée et conseillée. Que je ne suis pas isolée, que j’ai mon libre arbitre.
        J’ai la possibilité d’échanger, de me confier sur mes doutes et ressentis à d’autres que Lui. J’ai nombre de Dominants et soumises pour compagnon de route
        Non pas qu’Il ne soit pas en mesure de me guider et de me répondre .. Mais aussi parce que je fonctionne ainsi J’aime pouvoir Lui prouver que je suis capable de trouver mes réponses seule et progresser ainsi. Pour N/nous.

        N/notre communication existe: Différente de celle que la plupart des personnes connaissent. Simplement.

        Il veille sur moi. Il s’inquiète pour moi, pour mon équilibre, mon bien être. Il sait aussi me couvrir d’attentions, de bienveillance …

        Il est Celui que j’ai choisi. Depuis bien plus longtemps que ces presque deux ans de soumission à Ses pieds..

        Il est mon Maître.
        Il est mon Autre.
        Il est mon choix.

        Donc n’ayez crainte pour moi.

        Belle journée à vous monsieur.

        Sakura

  3. Bonjour ma belle,

    Je rejoins totalement Galathee.

    Bien que nous aimerions toujours apporter à notre Maître un joli sourire et ne pas être en proie à la colère dans ces moments partagés, les émotions, aussi perturbantes soient-elles, font partie de nous.

    A mon sens, les efforts doivent venir des deux et le Maître peut très bien anticiper la réaction de sa soumise et s’adapter. Il n’y avait par exemple aucune urgence à rencontrer Melle S, cela pouvait attendre que vous soyez disponibles tous les deux d’autant que c’est toi qui l’amenais à lui avec ce plaisir de lui faire découvrir non seulement votre relation particulière mais également de l’initier.

    Comme tu le dis si bien, avoir une sœur de soumission n’est pas anodin et cela mérite d’en discuter avant ensemble pour le vivre dans de bonnes conditions.

    Trébucher fait partie de l’apprentissage, le plus difficile est d’en tirer une leçon pour que la même situation ne se reproduise pas à l’avenir.

    Mes respects à Maître Katsuo.

    Je t’embrasse tendrement,

    Anaëlle

    • Bonjour Sakura,
      merci beaucoup de votre réponse. Je reconnais effectivement juger d’une situation uniquement à partir de sa description rédigée et cela n’est pas sans défauts. Vos précisions sont importantes de fait. Néanmoins, Je connais trop bien les difficultés de communication relationnelle pour les nier lorsqu’elles sont évidentes dans de telles situations.
      Cela dit, et compte tenu de votre attachement, ce dont témoigne votre blog pour chacun d’entre vous, Je ne doute pas que vous allez parvenir à vivre votre équilibre. Il est normal d’avancer vers l’équilibre en corrigeant les déséquilibres et maladresse.
      Il ne faut cependant pas sous estimer les difficultés liées au non dits et aux difficultés de dire ce que l’on ressent. Sans faire de sexisme, et aussi parce que Je suis un homme, Je sais combien cela peut être difficile pour un homme de reconnaitre en soi-même honnêtement ce l’on ressent et encore plus de le formuler. C’est pourtant là la clef d’une communication engagée et épanouissante.
      Ne pas dire ce que l’on ressent, ne pas oser faire le premier pas pour le dire est l’une des premières cause de perte du sens de la relation, chacun s’enfermant en lui-même par fierté ou par honte (ce qui est toujours la même chose du point du vue de l’ego) détruit la relation s’en même s’en apercevoir.
      Parmi les règles qui peuvent aider celle du « parler en premier » est une excellente règle.
      Ensuite il importe que la communication, le dialogue, puisse s’épanouir clairement au sujet de la relation et non pas au sujet des préoccupations auto centrées de chacun. Ceci est particulièrement vrai pour le Maitre dont la responsabilité est de servir la relation. Voir plus grand, le dire et mettre son ego (avec sa volonté de controle permanent) à sa place permet de donner de soi, de s’engager à créer et entretenir une relation qui nourrit chacun dans une intimité profonde et dynamique. Oui, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais ceux qui le font, même s’ils sont rares, savent qu’ils s’engagent pour donner à la relation le meilleur possible. Comme dit le proverbe : « le monde donne à ceux qui donnent et prends à ceux qui prennent ».
      Identifier ses motivations dans la relation est une réflexion qu’aucun maitre ne peut ignorer. Si le maitre se sert de la relation plus qu’il ne la sert, les chemins seront bien difficiles.

      Je ne dis pas que c’est ainsi pour vous deux, Je pointe juste la nécessité de se poser les questions que les situations font émerger. Ceci pour leur apporter les réponses honnête et sincères qui permettent à chacun de se situer face la à grande question : que fais t’on ensemble, dans quel but et avec quel engagement concret.

      Personne n’avance spontanément vers la remise en question du rôle exact de l’ego (de soi) dans toute relation… Sinon la terre serait comme un soleil de bonheur… Non, cela se fait à coup de maladresses, de souffrances et de larmes, et de courage aussi, d’amour, de conscience et d’engagement. Une grande partie des problèmes relationnels provient du manque d’initiative à l’égard de la relation. Se faire violence pour dire ce que l’on ressent, pour témoigner d’une erreur en premier, objectivement sans sacrifice ni culpabilité, ne peut se faire qu’en affirmant ce que l’on souhaite vivre mieux que toute maladresse.

      Evidemment que nous avons tous été blessés à un moment ou un autre de notre histoire personnelle mais rien n’est jamais figé en soi… Et travailler sur soi est aussi ce que les relations auxquelles on tient nous engage toujours à faire à un moment ou un autre… C’est toujours utile d’en avoir conscience parce que de toute façon tôt ou tard il faudra s’en occuper… Tout du moins de savoir où on se situe vraiment dans ce qui se passe dans le présent…

      Bref, Je ne sais pas si Je vais en faire une vidéo finalement (Je n’aurais de toute façon pas mentionné le blog en encore vos noms), Ma réflexion, pour être partagée sur youtube, est meilleure si Je parle de Moi et de N/nous (avec esclave lina) plutôt que d’évoquer les uns et les autres… Oui, Je Me pose encore des questions sur le périmètre de ce que Je fais sur Youtube, c’est ainsi et ce le sera tout le temps, la route n’est jamais toute droite, n’est ce pas ?

      Bon courage à V/vous deux.

    • Merci ma douce

      Comme T/tous,, N/nous chuttons parfois
      Mais N/nous N/nous relevons toujours Il y a toujours l’un de N/nous pour relever l’autre. Et je constate que chaque chute me rend plus forte et déterminée à avancer encore Sa main toujours dans la mienne.

      Les difficultés ne N/nous épargneront pas et j’ai dans l’idée qu’elles seront légion dans les mois à venir … Mais j’ai suffisamment confiance en Lui, en ce que N/nous sommes et en bien d’autres choses plus personnelles et qui N/nous appartiennent pour aujourd’hui être convaincue que N/nous saurons les affronter ensemble.

      Je t’embrasse,

      Transmet mes humbles respects à Maître Phénix également

      Sakura

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